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Dans l’attente d’une réglementation

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La ville de Bouira s’est transformée, ces dernières années, en un immense parking sauvage à ciel ouvert. Désormais, plus aucun espace, aussi exigu soit-il ne reste libre. Déjà dès huit heures du matin, les ruelles et les boulevards du centre-ville affichent complet. Au-delà de cette heure, il ne faut pas espérer trouver une place où se garer. Certains automobilistes n’ont d’autres choix que de s’aventurer au cœur même des cités résidentielles à la recherche d’une place de stationnement. La situation est née d’un accroissement exponentiel du parc automobile, mais aussi du taux de fréquentation de la ville qui a connu des mutations tous azimuts, ces quatre dernières années. De l’Ecotec, à Draa El Bordj, en passant par la cité Ouest, les quartiers de la ville de Bouira offrent le même décor. Les parkings des cités sont bondés de véhicules et les files interminables s’allongent le long des boulevards. Cet état de fait donne le plus souvent lieu à des situations inextricables, engendrant des disputes et des embouteillages en ville. Certains sites qui se sont libérés à la faveur de l’éradication de bidonvilles, comme c’est le cas au niveau de la cité Ouest, servent également de parking pour stationnement. Quotidiennement, des milliers d’automobilistes transitent par ces espaces devenus, par la force des choses, d’incontournables places de parking en ville. Or, en réalité aucun de ces espaces n’a été aménagé pour le stationnement. En certains endroits de la ville, à l’image des boulevards, certaines plaques interdisent même le stationnement. Idem pour les bordures peintes en rouge et blanc, couleurs rappelant la même interdiction. Mais, cela n’empêche pas les automobilistes de stationner et ces derniers n’ont pas vraiment beaucoup de choix. Sur certains sites, aucune plaque n’indique qu’il s’agit là d’un parking. Ces derniers ne sont aucunement délimités, clôturés ou encore gardés. Ce sont pour la plupart des parkings illicites, gérés par des jeunes désœuvrés qui se sont autoproclamés gardiens. Au niveau des cités de Bouira, certains espaces ont été crées pour les uniques automobilistes résidants dans ces cités, mais dont un quelconque automobiliste de passage peut s’en servir. Ces mêmes espaces se transforment, à la nuit tombée, en parking gardé. Des gardiens, dont l’activité n’est nullement réglementée, proposent leur service aux riverains moyennant 800 DA, le mois. C’est le cas au quartier d’Ain Graouch. À vrai dire, il n’existe aucun parking dont l’activité est réglementée dans la ville de Bouira. Cependant, et en l’absence de ce genre d’espaces qui font désormais partie intégrante des villes modernes, l’automobiliste se débrouille comme il peut pour trouver une place de stationnement qu’il paie au prix fort, sous la menace de voyous. Cela se fait dans une totale anarchie, sous le regard passif des pouvoirs publics. Ces derniers, qui ont consentis beaucoup d’efforts, ces dernières années, dans l’amélioration et l’aménagement urbains, peuvent prévoir l’implantation de parkings, un peu partout, en ville. Des assiettes de terrains existent, pour peu que des projets de parkings, en sous terrains ou en étages, soient inscrits. Plusieurs sites, à l’image de l’ancienne gare routière, peuvent servir de plates-formes pour accueillir des parkings.                                

D. M.