DJAMEL KAOUANE, ministre de la Communication, à Bouira : « Il faut savoir de quelle presse nous voulons »

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En marge d’une visite inscrite dans le cadre de la célébration de Yennayer, Djamel Kaouane, ministre de la Communication, a inauguré, hier à Bouira, la Maison du miel.

Le ministre s’est aussi rendu à la commune de Taghzout où il a eu à visiter une exposition d’art, d’objets et d’habits traditionnels au village Tessala, qui s’est paré de ses plus beaux atours pour l’occasion.

De retour au chef-lieu de wilaya et après l’inauguration de la Maison du miel, Kaouane s’est attardé au niveau de la maison de la Culture Ali Zamoum pour visiter l’exposition de Yennayer. En fin de journée, c’est à la radio locale de Bouira que le ministre de la Communication a fait un point sur la situation qui prévaut dans son secteur.

Ainsi, il a vivement critiqué certains propriétaires de journaux électroniques : «On ne peut pas créer un journal électronique sans avoir à l’esprit l’avenir de ce média. Nous sommes dans une conjoncture économique difficile et le modèle économique d’un journal électronique doit être réfléchi avant sa création. Il ne s’agit pas que de compter sur la manne publicitaire. Excusez ma franchise, mais lorsqu’on fait un bébé, on s’en occupe. Toutefois, je vous annonce solennellement que nous sommes disposés à accompagner cette presse dans la mesure où il s’avère que c’est une presse qui accompagne l’évolution de la technologie en toute transparence», indiquera le ministre, qui s’est, par ailleurs, félicité de l’ouverture de multiples médias radios émettant en langue amazighe, à travers ses différentes variantes, dans 25 wilayas.

Kaouane avouera également que «la presse électronique algérienne, que l’on pensait d’avenir, est déjà supplantée par les réseaux sociaux», regrettant que certains journalistes «usent et abusent» des réseaux sociaux qui constituent «leurs sources».

«Ceci est un problème qui nous interpelle au plus haut point en tant que professionnels du secteur, car nous voulons avoir un véritable paysage médiatique algérien. Et cela ne pourra se faire qu’en concertation avec les pouvoirs publics et les journalistes. Il faut que la presse s’organise car même si le soutien de l’État n’a jamais cessé concernant l’octroi de fonds publics pour la presse, il faut engager la réflexion pour savoir quelle presse nous devons avoir», soulignant-il.

«La liberté d’expression est acquise en Algérie», se félicite-t-il, par ailleurs, avant de se demander si cette liberté d’expression a permis de créer une véritable presse : «C’est là le défi qui nous attend, et c’est pour cela que nous devons œuvrer pour créer un paysage médiatique algérien fort. Il y a des journaux qui ont plus de 20 ans de présence et qui tirent toujours au même format de 24 pages, comme les nouveaux titres parus plus récemment», estime Kaouane.

Le ministre s’est montré également très critique à l’égard de certains patrons de presse qui n’ont pas déclaré leurs employés ou qu’ils rémunèrent de façon aléatoire. «Nous avons assaini le fichier des journalistes professionnels et sommes prêts à entamer les démarches dès que ces journalistes vont s’organiser. C’est un engagement, et c’est très important de le concrétiser», explique-t-il.

À propos de l’arrestation du journaliste Adlène Mellah, le ministre révélera que les journalistes ne sont pas au-dessus de la loi : «Ce n’est pas un délit de presse à ma connaissance…. Et maintenant, la décision de justice a été rendue.

Vous savez très bien que c’est suite à des dépôts de plaintes, et cela ne relève en rien du délit de presse. La liberté de la presse est garantie et il y a aussi le respect de la loi qui s’applique à tout le monde. Un journaliste n’est pas au-dessus de la loi. J’en profite pour rappeler que je relève beaucoup d’abus et dépassements.

Si ça ne tenait qu’à moi, en tant que journaliste professionnel, j’aurais mis cela à l’actif de l’apprentissage entre une presse écrite malmenée, une presse électronique qui se cherche et qui n’arrive à trouver ni son identité, ni son modèle économique, et les réseaux sociaux qui bouleversent tout. Je peux vous assurer que la volonté des pouvoirs publics pour promouvoir la presse est très forte. Seulement, la presse doit aussi faire sa propre évaluation.

Nous œuvrons pour le respect de la dignité du journaliste et pour qu’il retrouve son titre de noblesse avec un salaire digne, déclaré à la sécurité sociale, et ses droits les plus élémentaires. Il faut que le journaliste algérien soit responsable en faisant preuve de moralité et d’intégrité», a souhaité le ministre.

Hafidh Bessaoudi

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