SAHARIDJ – Route délabrée, absence de transport… – Illiten isolé

Le village d’Illiten, dans la commune de Saharidj, est situé en haute montagne, à près de 1 000 mètres d’altitude.

Avec ses 3 000 âmes, le village affiche, en plus de son isolement, un lugubre décor d’abandon, à commencer par l’unique route reliant à la RN30 (M’Chedallah – Tizi-Ouzou).

Cette voie d’accès prend forme à Ath Hamadh et traverse tout le village, du nord au sud, pour faire jonction avec le chemin de wilaya n° 98, à hauteur d’Assif Assemadh, dans la commune de M’Chedallah. La route est complètement délabrée, notamment depuis le passage du réseau du gaz naturel.

Le manque d’entretien et l’absence d’un système de drainage des eaux pluviales sont à l’origine de la dégradation de cette route, qui semble avoir subi un véritable «pilonnage». Comme toutes les venelles de montagne, celle-ci n’a pas résisté longtemps au déchaînement des éléments de la nature.

Il faut souligner que l’ensemble des infrastructures d’utilité publique, telles que l’école primaire et l’unité de soins, sont dans le même état de dégradation. Cette situation est causée par les agressions climatiques extrêmement violentes sur ces hauteurs du flanc Sud-ouest de Tamgut.

L’état de la route en question a dissuadé les transporteurs de voyageurs, intervenant sur la ligne Illithen – M’Chedallah, de continuer leurs activités, ce qui a un peu plus isolé les villageois. Chaque jour, les habitants de ce patelin trouvent toutes les peines du monde à rejoindre leurs domiciles le soir.

Le problème du transport se pose aussi le matin, surtout pour les villageois qui travaillent à Saharidj, M’Chedallah ou Bouira. Les lycéens et les étudiants en souffrent aussi. Au sorties nord et sud du village, des citoyens guettent chaque jour le passage d’automobilistes pour espérer rallier leurs lieux de travail ou les écoles.

A cause de toutes ces contraintes auxquelles s’ajoutent l’éloignement des établissements scolaires du deuxième et troisième cycle et un chômage galopant, plus de la moitié des villageois ont plié bagage, pour s’installer dans des régions «plus clémentes», particulièrement dans les plaines du Sahel. Des localités comme Azaknoun, Hagui, Mloua… ont vu le jour ces dernières décennies, étant peuplées par des milliers de villageois d’Ath Illiten.

A Hagui, des vergers à perte de vue sont cultivés par les villageois. D’aucuns parmi ces derniers répètent que ce n’est pas de gaîté de cœur qu’ils ont quitté leur village natal, ayant été poussés par les difficultés rencontrées au quotidien. Dans la plaine, l’accès aux soins et aux différentes commodités de base est plus facile. «L’opération de remise en état de la route d’Ath Illithen doit bénéficier d’une priorité absolue pour réduire le calvaire vécu au quotidien par les villageois, qui prennent leur mal en patience sans jamais se plaindre», est-on unanimes à réclamer.

Oulaid Soualah