Plusieurs villages relevant de la commune de Boudjellil se trouvent confrontés à une pénurie chronique de l’eau potable.
Cette situation, pénalisante pour des centaines de foyers, s’est accentuée avec l’arrivée de la saison estivale, où cette denrée essentielle est devenue rare et surtout très demandée.
À Laâzib, Tigrine, Hamda, Ath Wihdane, H’lassa, Taourirt, Tansaout, Larbâa Takdimt, pour ne citer que ces bourgades déshéritées, l’eau est devenue rare sur les réseau d’AEP.
À Tigrine, cette denrée vitale ne coule dans les robinets qu’une fois par semaine et pour quelques heures seulement. « Le temps de remplir quelques jerricans, mais cela reste insuffisant! » peste l’un des villageois. Même topo à Laâzib, Hamda, Ath Wihdane et dans les autres villages de cette municipalité, où l’eau potable est devenue un souci majeur pour la population.
« Cela fait des décennies qu’aucun réservoir d’eau ni forage n’ont été réalisés dans notre commune pour renforcer l’alimentation en eau potable. Le nombre de foyers se multiplie à une vitesse ahurissante, et en parallèle aucun projet de renforcement en eau potable n’a été enregistré, malgré un grand nombre de foyers qui ont besoin bien évidemment de cette ressource vitale de façon permanente », constate dépité un habitant de Larbâa Takdimt, où l’eau se fait rare sur le réseau de distribution.
Cet état de fait pousse les habitants à se rabattre sur l’achat des citernes qu’ils payent 1200 DA le remplissage ! Ainsi donc, la commune de Boudjellil figure parmi les municipalités les moins desservie en eau potable, à cause du nombre insuffisant de forages et d’ouvrages hydrauliques. Le projet tant attendu et espéré du raccordement aux eaux du barrage Tichy Haf des communes de l’arrière-pays de la Soumamm, à savoir, Boudjellil, Ighil Ali, Aït R’zine, Tazmalt et Ath Mellikèche tarde à voir le jour en dépit des annonces pompeuses qui n’ont eu aucun effet sur le terrain.
… A Bouhamza aussi !
La population de la commune de Bouhamza est elle aux prises avec une sévère pénurie d’eau qui s’accentue avec l’arrivée des grosses chaleurs estivales.
À se fier à des témoignages recoupés de citoyens, toutes les localités de cette circonscription rurale sont, peu ou proue, touchées par la disette hydrique. Rationnement oblige, les usagers sont soumis à un régime d’approvisionnement drastique, confie-t-on. «Dans les conditions normales, l’eau n’est servie qu’à raison de deux fois par semaine, avec des plages horaires limitées à quelques heures», soutient un citoyen de Mahfouda, un village populeux situé à l’aval du chef-lieu communal.
Un autre habitant du même village affirme que toutes les localités ne sont pas logées à la même enseigne. «Les mieux loties sont servies tous les deux jours. Les quartiers lovés dans les vallons sont plus copieusement arrosés que les autres», dira-t-il.
Des citoyens du village Tansaout avouent être confrontés au tonneau des Danaïdes été comme hiver. La situation a tendance à s’exacerber en période de canicules, au cours desquelles la demande se fait plus pressante pendant que le débit marque sensiblement le pas. «La desserte est irrégulière et insuffisante. Les horaires du lâcher de l’eau ne sont pas fixes non plus», rapporte un villageois.
Pour se tirer d’affaire, les citoyens se débrouillent comme ils peuvent. «Acheter de l’eau de source ou des citernes remplies d’un liquide douteux sont des options incontournables, quand on n’a pas de véhicules pour investir les points d’eau, lesquels sont, soit éloignés, taris ou pollués par les eaux usées», déclare un habitant du village Bouhitem.
Autant dire que remplir ses réserves d’eau relève d’un défi au quotidien. L’équation est d’autant plus difficile à résoudre, car la pénurie est d’ordre structurel. La cession de la gestion de l’AEP au profit de l’ADE ne peut pas changer grand-chose à la donne, estime-t-on.
Syphax Y. et Nacer M.

