Par Sadek Aït Hamouda
Le 1er mai une fête du travail et des travailleurs, est-ce à dire que bosser mérite une date pour le célébrer, certainement pour ce qu’ont souffert, ce qu’ont trimé les damnés de la terre. Il y a ceux qui ont fait suer le burnous et ceux qui portaient les burnous effilochés, rapiécés, pleins de trous et ne disaient mot. Rendre coup pour coup n’était pas encore dans leurs cordes, ce n’était pas encore le moment, mais ce moment viendra pour les Algériens le 1er novembre 1954.
Ce jour-là, ils étaient nombreux à prendre les armes de la liberté. Ils étaient tout aussi nombreux à mourir pour elle, nombreux à souffrir en son nom et nombreux à perdre fortune et bien pour elle. Qu’il en soit ainsi, le 1er mai on l’a découvert avec la libération du pays. On a découvert les dates repères universelles avec l’indépendance du territoire, l’indépendance du «polygone étoilé» tant attendu.
Ce qui a nourri le pays de ces attentes éperdues, de ces pieds de grue devant l’autel des opprimés, devant le sommeil des forçats de la faim à leur réveille. Qu’avons-nous attendu de l’aube au crépuscule, de la nuit au petit matin, ces signes de libération qui viendraient nous effleurer et nous annoncer l’indépendance. Arrivée notre fin du joug colonial, notre émancipation de la France, notre indépendance pas tout à fait complète, parce que nous allions faire face à un autre ennemi, des frontières armé jusqu’aux dents, et qui changea notre joie en tristesse.
Ce qui nous transforma en zombis jusqu’au jour présent. Reste l’instant qui nous rassemble aujourd’hui pour croire, encore une fois, en la liberté. Cependant, la liberté à laquelle nous croyons présentement ne ressemble à aucune autre, elle est belle, rayonnante, pour que nous puissions jubiler à son avènement. Le 1er mai que nous célébrons en ce jour béni a un goût particulier qui ne ressemble en rien à ceux passés. Il advient quoique nous supposions être les lampions de la fête des travailleurs et qui s’avère une illusion de plus pour nos yeux, pas habitués à la liberté, aujourd’hui nous pourrions faire la fête et danser notre soûl à n’en plus finir.
S. A. H.

