Point d\’ordre – Le 20 avril, une date repère

S. Ait Hamouda

Le 20 avril 1980 est revenu le 22 février 2019, c’est ainsi que l’Histoire se revisite et que l’on apprend à la disséquer, à la comprendre et à l’appréhender non sans lucidité. Et la leçon est que les revendications du 20 avril 1980 n’étaient pas si différentes de celles d’aujourd’hui. Ce sont les mêmes mots d’ordres, les mêmes exigences, circonscrites alors à Tizi-Ouzou et à Alger, mais qui concernent toute l’Algérie. Et dans le temps comme aujourd’hui, on remet au goût du jour les mêmes inepties, telle «la main étrangère»…

Mais ça ne marche pas, ça ne passe pas, ça coince quelque part. Parce que l’on a appris, depuis le temps, que le pouvoir, pour traverser les crises, trouve toujours les arguments-massues, pour frapper les imaginations et circonscrire les risques. On leur dit «Faqou, vous ne nous la jouerez plus !». Le 20 avril 1980 fut, depuis l’indépendance, la première leçon vécue par le pouvoir, par le même système qui a résisté depuis juillet 1962 et qui s’est senti ébranlé dans son existence.

Il a créé des tribunaux d’exception, les Cours de sûreté de l’Etat, pour dissuader les militants de toute velléité de bouger ou de revendiquer le moindre espace de liberté. Et là, que peut-on dire face à cette déferlante humaine, rien d’autre qu’obtempérer aux désidératas du peuple, seule source de pouvoir. Il en a fallu du temps, de la sueur et des larmes pour arriver à cette étape cruciale et décisive. Le 20 avril 1980 a été, est et sera l’acte de naissance de toutes les actions, de tous les mouvements, de toutes les revendications algériennes pour leur liberté, toutes les libertés.

Il est l’acte baptismal de la révolution et il doit être considéré comme tel. L’Algérie a connu l’unicité sans l’unité, elle a connu le parti unique qui faisait prendre des vessies, peintes aux couleurs nationales, pour les lanternes de la liberté. Mais le jour est arrivé où ces anciennes méthodes ne fonctionnent plus. C’est pourquoi, désormais, l’Algérien ne sera plus assujetti à la peur, ni ne dépendra de personne.

S. A. H.