S. Ait Hamouda
Il arrive que des colères puissantes surprennent, au premier chef, ceux qui les ont suscités. Et souvent, par inadvertance, on se met à mesurer, à jauger et à considérer ce qu’on a provoqué. Ceci tient de la grève générale et de ce qu’elle a engendré comme ennuis, embarras et casse-tête aux citoyens.
En plus, cinq jours, ou même trois jours, c’est beaucoup. Reprenons tout, comme s’il s’agissait d’une poignée de vœux, qui n’étaient pas prévus par le petit grand peuple algérien. Il a marché pacifiquement, gaiement, il y avait de l’humour, et maintenant c’est le débrayage généralisé.
Ce que les gens ne comprennent pas, ou comprennent à demi-mots, en lisant entre les lignes. Même en faisant ça, il y a une mauvaise donne, le citoyen devrait se débrouiller pour ses commissions, son shoping, ses déplacements et ses affaires courantes, voire le moindre sachet de lait, la moindre baguette de pain où les trouver.
Normalement on devait réfléchir, avant, à tout ça. Il n’y a pas à chercher midi à quatorze heures, il n’y a pas à tergiverser, ni à finasser dans les intérêts immédiats des citoyennes et citoyens. Considérons le mouvement avec ses provocateurs, avec ses inspirateurs, avec ses maîtres d’œuvres…
Comment cela leur a-t-il échappé ? Il y a des fautes qu’on ne prend pas au sérieux, qu’on ne considère pas, malgré leurs effets pervers sur tout le monde. Nonobstant, il reste quelque chose d’important à rajouter, s’il en vient à manquer au nombre d’illusions, d’utopies et de rêves, c’est la vivifiante et la jouvence retrouvées grâce à ces messieurs qu’on ne connait pas.
Il se trouve que des gens de l’ombre font bouger les montagnes de l’Algérie. C’est ce qu’on appelle être capable de faire la pluie et le beau temps, faire briller le soleil la nuit et donner du pain aux indigents. Soudainement, tout se ramasse comme les feuilles en automne, comme les figues en hiver et tout se plante hors saison. A revoir les tenants et aboutissants de ce schmilblick, on ne sortira pas grandi de ce raffut bruyant. On ne trouve nulle part l’aubaine qu’on a tant et tant cherchée qu’au petit matin.
S. A. H.

