S. Ait Hamouda
Le signe que le carême débute est aux aurores et qu’il prend fin est au crépuscule. Cela dit, de l’heure de l’imsak à l’heure du ftour, pas une goutte d’eau, pas un aliment ne doit être ingurgité par le musulman. C’est une discipline sévère qui s’impose au croyant, qui l’amène à observer, par son regard, par ses envies, par sa gourmandise, le jeûne. Cela s’explique, quoi qu’il en soit, par le degré de foi qu’accorde le croyant à sa religion.
Mais là, il y a un problème ! le travail, le labeur, que ce soit pour sa personne ou pour les autres. Est-il pensable de se réveiller tard, de faire la grasse matinée et de dormir très tard, pratiquement après le s’hour, qui est pris juste avant l’imsak ? Ce qui revient à dire que faire carême c’est dormir tout son soûl, c’est rester le plus longtemps possible dans les bras de Morphée et ensuite se réveiller comme un grand pieux, ravi d’avoir donné à Dieu son dû et au sommeil ce qu’il doit, mais au travail rien.
Vous entendez, souvent dans les couloirs de l’administration, cette fameuse réponse : «Revenez après le Ramadhan», autrement dit, durant ce mois sacré, c’est aussi un congé payé, ce sont des absences non autorisées, mais tolérées. On se rend dans n’importe quel bureau, n’importe quel service, n’importe quel office, on ne trouve trace d’un responsable, d’un chef de service, sauf les agents de bureau qui sont là pour expédier les affaires courantes. Pour vous dire qu’il n’y a ni responsables, ni chefs de service pour régler votre problème, de revenir après le Ramadhan.
C’est ce qu’on entend itérativement, comme une antienne, comme un refrain en boucle, qu’on ressasse tout le long du mois. À ceci près, lorsque vous êtes pris entre le début et la fin du carême, abstenez-vous de vous rendre dans une administration. Et reportez sine die vos démarches. C’est là une tradition, inscrite depuis des lustres à nos tablettes de la foi. Il va falloir se lever tôt, et attendre toute la journée sans que vous puissiez régler la moindre démarche. Alors vous vous rappellerez de ce qu’on vous a dit : «Revenez après le Ramadhan!»
S. A. H.

