Aït Yahia Moussa – Les habitants des villages Tifaou et Hellil interpellent !

Même si les habitants de Tifaou et Hellil avaient suspendu leur action de protestation menée au chef-lieu communal durant plus d’une semaine, ils ne constatent aucun geste de la part des autorités. «Nous leur avons donné plus d’une semaine de répit pour voir leur réaction. Malheureusement, nos appels sont tombés dans des oreilles sourdes. Sur le chantier du revêtement de la route, nous n’avons vu qu’un compacteur arriver sur les lieux.

Vraiment, c’est un mépris envers toute une population qui a exprimé à maintes fois tous les manques mentionnés dans sa plateforme de revendications», indiquera M. Ali Ouilem, en sa qualité de porte-parole des deux villages. D’ailleurs, en cette fin de semaine, les villageois ont tenu une Assemblée générale, où la situation a été discutée et où toutes les propositions ont été avancées par les uns et les autres. Au terme des débats, il a été retenu qu’un sit-in aura lieu devant le siège de la wilaya et peut être d’autres actions également. «Ce mercredi, nous irons tous nous rassembler devant le siège de la wilaya. C’est un deuxième rassemblement après celui de juillet dernier.

Si nous ne recevons pas de réponses, nous déciderons de la suite à donner à notre mouvement», expliquera-t-il. Les habitants de ces deux villages sont, en tout cas, décidés à ne pas abdiquer jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. «Nous ne demandons pas la lune. Ce sont des revendications tout à fait légitimes. Cinquante-sept ans après l’indépendance chèrement acquise par nos valeureux martyrs, nous n’avons ni route, ni assainissement, ni eau, ni gaz, ni électricité. Sommes-nous dans une autre Algérie ?», s’interrogera un citoyen du village. Et un autre de poursuivre : «Est-ce une punition pour avoir réclamé l’amélioration de notre cadre de vie ?

Bitumer une route demande autant d’années ? C’est de l’injustice pure et simple. » Il est à rappeler que la première action de ces habitants remonte au 19 mars 2017, une date, disent-ils, ô combien symbolique. «C’était la date anniversaire de ce qu’on appelle la Fête de la victoire et la signature des accords d’Evian par l’un des nôtres, en l’occurrence le colonel Krim Belkacem. Nous avions bloqué la RN 25 et la mairie durant cinq jours. Soi-disant, les autorités de wilaya nous ont accordé quelques projets. Mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, en dépit de toutes nos actions, nous sommes toujours à la case départ», relatera un autre habitant. A noter que la dernière action des habitants des deux villages a été la fermeture durant huit jours de la RN 25 entre Draâ El-Mizan et Tizi-Ouzou durant la dernière dizaine du mois d’août.

Amar Ouramdane