Après quelques tergiversations, ils ont fini par abdiquer suite aux injonctions de la wilaya, les sommant de quitter leurs locaux, sous peine de poursuites judiciaires. A cet effet, avant-hier, lundi, plus aucune boutique du rez-de-chaussée n’était ouverte. Tous les rideaux étaient baissés, alors qu’au niveau des étages supérieurs, des portes et des fenêtres ont été démontées et emportées. Le reste sera détruit par les engins et mêlé aux gravats de béton et de briques provenant de la démolition. Certains commerçants dont les locaux sont voués à la démolition ont même récupéré sur place des objets qui peuvent leur servir plus tard en d’autres lieux.
Et chaque matin, ils viennent s’asseoir sur le trottoir d’en face pour observer les bâtiments qu’ils doivent quitter, après y avoir travaillé plus d’une quinzaine d’années. Leurs discussions se focalisent alors sur leur avenir. «Nous n’allons pas nous taire. Nous envisageons de les attaquer en justice», dira l’un d’eux, même si, en son for intérieur, il sait qu’il doit envisager à s’installer ailleurs ou trouver du travail chez des particuliers. Et un ancien commerçant, assis de l’autre côté de la rue, qui semble dire adieu à son gagne-pain, poursuivra : «J’ai tout investi ici. Je ne sais rien faire d’autre que ce métier.
Ces locaux nourrissent quinze familles dont les pères se retrouvent au chômage du jour au lendemain. » Les plus nantis quitteront Michelet comme leurs prédécesseurs, qui se sont installés à Tizi Ouzou, Boumerdès ou Azazga où, semble-t-il, «la vie est meilleure. » «Rien ne nous est parvenu du côté des autorités. Ni promesses de recasement, ni aide de quelque nature que ce soit. On s’en va les mains dans les poches», disent les autres commerçants.
Il faut rappeler que la commune de Michelet ne possède ni locaux ni terrains à proposer aux sinistrés. Quant aux quarante-sept logements en construction à Sidi Ali Ouyahia, intialement prévus pour dédommager les anciens habitants dont les immeubles ont été démolis, au niveau de la rue Bounouar, sont loin d’être attribués. Pour le moment, malgré ce remue-ménage, les engins devant mettre à terre les deux bâtiments, représentant un danger sur les biens et les personnes, se font attendre.
A. O. T.

