Avec le retour de la saison chaude, les constructions tous azimuts reprennent à travers la région de M’Chedallah, au grand dam de l’environnent qui en est sérieusement pénalisé.
Les auto-constructeurs se débarrassent des déblais provenant des fouilles ou des débris de matériaux des anciennes battisses, en les déversant à l’intérieur des surfaces agricoles de la ferme pilote d’Oughazi et celles mitoyennes aux centres urbains.
C’est le cas au niveau de la nouvelle ville de M’Chedallah, Raffour et Vouaklane. De ces légendaires plaines ne reste que quelques vestiges, qui disparaîtront dans un proche avenir si rien n’est entrepris dans l’immédiat pour stopper ces déversements sauvages et effrénés, auxquels contribuent les institutions de l’Etat aussi.
Cette situation est aggravée par l’avancée non moins sauvage du béton, engloutissant des parcelles entières. Il en est de même au niveau des fermes EAC, en périphérie du chef-lieu de la commune de Chorfa.
Au niveau des EAC d’Amara dans la commune de M’Chedallah, des citoyens ont entrepris la construction d’habitations en plein cœur des surfaces agricoles irriguées et hautement fertiles, bien que cela soit interdit. Un nouveau important projet d’irrigation, de captage et de canalisation, à partir du barrage Tilesdit, renforcé par une injonction avec celui de Tichy Haf d’Akbou, au profit de ces terrains, est sur le point d’être réceptionné. Pourquoi dépenser des sommes faramineuses si cet ambitieux projet n’est accompagné d’aucun mécanisme de protection de ces surfaces agricoles, qui disparaîtront dans moins de 20 ans. Elles seront soit ensevelies sous toutes sortes de déblais et de détritus soit «bouffées» par le béton.
Les riverains de ces EAC subissent de plein fouet les désagréments occasionnés par ces détritus, ce qui les a poussés à protester contre cette situation. Ce qui est incompréhensible, c’est le fait que les autorités concernées, tels que les services agricoles, dont la Subdivision est implantée au niveau de la nouvelle ville, n’ont pas réagi.
L’APC, la Direction de l’environnement et la Chambre d’agriculture ne font, pour leur part, rien pour y remédier. Notons qu’une bonne partie de ces superficies épargnées par les déversements sont laissées en jachère par les exploitants, qui se contentent de ramasser les récoltes d’olives ne nécessitant pas trop de dépenses, malgré le fait qu’ils soient liés par des contrats d’exploitation et un cahier des charges, auquel est annexé un calendrier agricole spécifique d’exécution pour chaque surface.
Il faut préciser qu’il existe au total 15 fermes à travers les communes de M’Chedallah et Chorfa, en plus de la ferme pilote Oughazi.
Oulaid Soualah

