Les violents orages accompagnés de fortes bourrasques de vent, qui ont balayé les hauteurs de la vallée du Sahel le week-end dernier ont provoqué des dégâts sur plusieurs récoltes de saison, voire même sur les futures récoltes.
En effet, plusieurs agriculteurs ont été surpris par ces brusques perturbations atmosphériques en pleine période de fenaison, et n’ont pas eu le temps de mettre à l’abri ni engranger le foin fauché, qui est soit étalé par terre, soit bottelé mais non encore engrangé. Le processus de moisissure dans ce cas de figure va immédiatement s’enclencher sur cette récolte de foins, copieusement arrosés par les pluies diluviennes accompagnées de rafales de vent. Les arbres fruitiers, dont la période de floraison touche à sa fin ont été aussi durement affectés par ces orages, notamment la future récolte d’olives, dont le grain commence à peine à se former à l’intérieur de la fleur. Ces grains sont soit tombés suite au passage du vent, qui a violemment secoué les oliviers, soit subiront les même moisissures et pourriront en moins d’une semaine. En haute montagne, dans les communes de Saharidj et d’Aghbalou, même les fruits de saison arrivés à maturité tels que la cerise, l’abricot et les prunes jonchent le sol au-dessous des arbres, complètement abîmés.
La rouille menace les cultures céréalières dans la vallée du Sahel
Les pluies diluviennes qui se sont abattues dernièrement, suite à l’éclatement des orages, ont adouci l’atmosphère et provoqué une diminution sensible de la chaleur de ces derniers jours, laquelle accablait les citoyens, en ce mois de Ramadhan. La pluviométrie enregistrée durant la chute des dernières pluies est appréciable, ce qui a permis surtout l’augmentation du niveau des eaux souterraines, et redonné espoir, surtout aux paysans qui cultivent leurs terres. Si les maraîchers voient d’un bon œil les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières 48 heures, en ce sens que cela leur permettra de lésiner sur les dépenses liées aux eaux pompées à partir des puits ou des forages, il n’en est, par contre, pas de même pour les céréaliers, qui paradoxalement attendaient que les épis durcissent et mûrissent davantage sous le soleil, et ce pour pouvoir les moissonner. La pluie en cette période, de l’avis de céréaliers, peut provoquer, entre autres, la rouille, une épidémie redoutée qui touche les céréales, causée par un champignon qui se propage grâce au vent et, à juste titre, aux pluies. Il existe, selon les spécialistes plusieurs types de rouilles, entre autres la rouille brune et la rouille jaune. Ces affections se développent essentiellement vers la fin du mois de mai, boostées par la hausse des températures. Elles peuvent provoquer d’énormes dégâts sur les récoltes. Et c’est cette situation que craignent les céréaliers à chaque fois que des pluies torrentielles s’abattent sur la région à pareille période de l’année. Les inondations des surfaces emblavées, l’écrasement ou la torsion des épis par l’action de la pluie, la putréfaction des grains sont tous des soucis qui donnent des sueurs froides aux paysans. Malheureusement, il a été constaté, pour le cas de l’exploitation agricole dans la vallée du Sahel, où des centaines d’hectares sont emblavées, la présence dans plusieurs endroits des points de rouille visibles, qui affectent les épis. Cette affection n’est malheureusement pas facile à combattre. Les spécialistes ne préconisent ni plus ni moins que l’utilisation de variétés de semis résistants à cette maladie pour diminuer ses effets nuisibles.
Y. Samir et Oulaid Soualah
