Les pineraies d’Ath Mansour ne cessent de se rétrécir comme une peau de chagrin avec le temps qui passe. En effet, les massifs montagneux de cette commune comme Adrar Seggane et Adrar n’Tichy, pour ne citer que ceux-ci, sont de moins en moins fournis en couvert sylvicole, constitué majoritairement de pins d’Alep, de maquis et de garrigues. Ce tissu végétal sauvage ne cesse de perdre du terrain à cause de multiples facteurs comme la coupe du bois, le défrichement de terrains et les incendies, même si ces derniers sont en déclin ces dernières années.
Ces montagnes se trouvent presque dégarnies de leur couvert végétal, ce qui met en péril l’écosystème d’autant plus que ces arbres sont très bénéfiques pour l’équilibre écologique et la vie de la faune dont quelques espèces se nourrissent des graines des cônes des pins d’Alep. Autre facteur qui pourrait accélérer la disparition de ce couvert forestier: l’activité minière. Plusieurs carrières d’agrégats sont toujours en activité au Sud-est de cette région, cela n’est pas sans provoquer l’asphyxie et l’arrachage de dizaines, voire même de centaines d’arbres de pins d’Alep avec l’élargissement de terrains exploités par ces mines.
La poussière qui se dégage à longueur de journées de ces carrières de minerais se dépose continuellement sur tout, entre autres, le couvert végétal environnant et même lointain ce qui n’est pas sans conséquences néfastes sur l’environnement. La déforestation via la coupe du bois pratiquée par certaines personnes malveillantes est aussi à mettre à l’index dans cette « entreprise » de destruction des dernières poches de pineraies dans cette région. Ces personnes découpent les jeunes pins d’Alep en pleine croissance pour en faire des pieds-droits qu’elles vendent ou utilisent pour les échafaudages, les clairières et à bien d’autres usages.
L’extension des pâturages est également pointée dans cette situation qui n’augure rien de bon pour le peu du tissu forestier qui reste dans la commune d’Ath Mansour. « Si la situation persiste, on risque de ne plus voir ces beaux pins d’Alep sur nos massifs montagneux et aux piémonts. Les portes de la désertification seront ainsi grandes ouvertes et ce sera le chaos », alerte un habitant de cette localité. Par ailleurs, il est à déplorer l’absence ou l’insuffisance de campagnes de reboisement dans ces massifs et autres versants de cette localité.
Y. S.

