On les croyait jetés aux oubliettes et dépassés par le temps mais c’était compter sans la persévérance des artisans. Il est question des objets traditionnels et artisanaux (ustensiles, accessoires, outils…) lesquels, après avoir disparu un certain temps, ont refait surface par on ne sait quelle magie.
En effet, mardi dernier, nous avons constaté, au marché hebdomadaire de M’Chedallah, le retour de certains produits artisanaux que nous croyions disparus avec la modernisation tous azimuts. Comme par miracle, des outres, appelées communément «Ayeddid» en kabyle, étaient exposées à la vente.
Ces récipients, fabriqués avec de la peau de chèvre, attiraient la curiosité des présents surtout des jeunes qui, apparemment, ne connaissent pas ce «réfrigérateur» qu’utilisaient jadis nos aïeux pour rafraîchir l’eau potable. A des époques lointaines, l’outre était utilisée pour rafraîchir l’eau, alors que le frigo n’avait même pas effleuré l’imagination des personnes les plus inspirées.
Comme des objets venus d’une époque révolue, les outres proposées à la vente réveillaient une certaine nostalgie chez les vieux présents sur les lieux. «Il est vrai que l’eau du réfrigérateur est plus fraîche que celle de l’outre mais cette dernière avait un goût particulier étant donné qu’elle était stockée dans une peau de chèvre. Et puis, l’outre a un charme particulier, rappelant la vie rustique d’antan, loin du stress de la vie moderne», se remémore un septuagénaire rencontré sur les lieux.
Pour les nostalgiques, où l’outre était utilisée dans chaque maison suspendue au mur ou sous l’ombre rafraîchissante de la vigne, ce récipient vaut la peine d’être réutilisé compte tenu de sa valeur patrimoniale et de son caractère inoffensif pour la santé. Pour ce qui est de son prix, elle affichait 1 800 DA l’unité. Par ailleurs, d’autres produits artisanaux étaient également mis en vente dans le marché de M’chedallah, dont des chapeaux de paille qui coûtaient entre 550 et 650 DA. Fabriqués avec des matériaux naturels, ils sont très prisés par les paysans surtout ceux qui travaillent dans les champs.
La moisson étant proche, c’est durant cette période que les fellahs se rabattent sur ces chapeaux artisanaux, lesquels protègent des rayons du soleil. Dans la foulée, il y avait aussi des écuelles en palmier nain, des cannes fabriquées avec de l’oléastre, des couffins en alfa, des paniers en osier, des bats, des ustensiles de cuisine en terre cuite et bien d’autres objets artisanaux qui «refusent» d’être mis au placard. «Franchement, les outils et objets traditionnels sont magnifiques et peuvent toujours servir. Personnellement, je continue à utiliser les anciens ustensiles fabriqués en bois et en argile. Ils sont naturels et inoffensifs», insiste un jeune père de famille.
Samir Y.

