L’unité de la Protection civile baptisée

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La nouvelle caserne des sapeurs-pompiers située sur les hauteurs de la ville de Tigzirt vient d’être baptisée du nom de feu Mohammed Saïd Ghersbousbane, moudjahid, puis sapeur-pompier à l’indépendance. Le regretté fut également l’un des tout premiers patriotes armés contre le terrorisme durant les années 90.

La cérémonie de baptisation s’est déroulée dans l’enceinte de ladite caserne, en présence des maires de Tigzirt et d’Iflissen, du secrétaire général de la daïra, du commissaire de Police, du commandant de compagnie de la Gendarmerie nationale, de Moudjahidines, d’anciens collègues du défunt, d’autres citoyens et, bien entendu, de la famille Ghersbousbane, qui a tenu à offrir un couscous à tout les présents.

Lors d’une prise de parole, le fils du Moudjahid, Mohamed, a remercié les autorités locales présentes et est revenu sur les événements majeurs de la vie du défunt. «Mon père est né le 17 avril 1928 à Iflissen, en Kabylie maritime. Issu d’une famille de forgerons, autrefois armuriers avant la conquête française, il martèlera le marteau dès son jeune âge. En 1950, il partira travailler en France.

Ce là qu’il rejoindra le MLTLD et militera durant quelques années en son sein. En 1955, il se prononcera pour la lutte armée et quittera le MLTLD, pour rejoindre ses frères du FLN. Il rentre en Algérie et rejoignit le maquis, en 1956. Ses premiers pas de maquisard, il les fera dans les forêts d’Iflissen jusqu’en 1957, année où il fut affecté par l’ALN dans la région des Ath Djennad, avec le grade de sergent. Homme de bravoure, il sera presque dans toutes les embuscades tendue à l’armée coloniale.

Il échappera à presque toutes sortes de pièges tendus par l’ennemi, qui tenait à avoir sa tête coûte que coûte. En 1958, il fut affecté au poste de commandement de Bounaaman où le colonel Amirouche avait son secrétariat de la Wilaya 3. Le 16 mai 1959, il reçut d’Amirouche l’ordre de partir pour la Tunisie, pour ramener avec ses hommes un chargement d’armes.

Arrivé près de la ligne Maurice, ligne hautement électrifiée, ils furent surpris par les forces ennemies. Il engagera le combat, essuiera des pertes et ordonnera un repli pour sauver ce qui lui reste de ses hommes. A son retour, il lancera en Kabylie une série d’attaques pour contrer la fameuse Opération Jumelles, qui commençait à décimer les maquis de l’ALN.

Dénoncé avec sa section dans un abri près de la ville de Tigzirt, il fut arrêté en compagnie d’autres maquisards et ne sera libéré qu’au 30 avril 1962, après le cessez-le-feu. Après l’indépendance, il réintégrera, en avril 1964, le corps des sapeurs-pompiers, alors sans moyens. Il continua à défendre son pays contre les flammes, jusqu’en 1983, date à laquelle il prit sa retraite».

Akli N.

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