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TIZI OUZOU - Rue désertes, commerces fermés

La population s’enferme !

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Rues quasi désertes, cafés et restaurants fermés… La population de Tizi Ouzou a pris conscience de l’intérêt de se protéger contre la pandémie. Le confinement volontaire a déjà commencé.

Au chef-lieu de wilaya et sa périphérie, la désertion des lieux publics a commencé dès mardi dernier, la prise de conscience collective quant à l’intérêt de chaque individu d’observer les mesures préventives devant réduire la propagation du Covid-19 ayant anticipé les décisions des autorités.

Depuis, l’ensemble des chefs-lieux de communes de la wilaya de Tizi-Ouzou ressemblent à des villes fantômes. Azeffoun, où le premier décès a été enregistré au niveau de la wilaya, Tigzirt, Fréha, Azazga, Draâ Ben-Khedda, Tizi Ghennif, Larbâa Nath-Irathen, Aïn El-Hammam ainsi que d’autres localités ayant observé une relative activité jeudi, ont connu, avant-hier, un arrêt presque complet des mouvements de personnes.

L’arrêté du wali ordonnant la fermeture des cafés, restaurants et bars largement diffusé jeudi a été scrupuleusement respecté par les commerçants. Il faut noter que plusieurs de ces commerces ont anticipé la décision du wali en procédant à la suspension de leur activité de leur propre chef depuis mercredi, tandis que certains l’ont fait depuis mardi.

Ces derniers ont tous tenu à informer leurs clients de leur décision, à travers un avis qu’ils ont collé sur la devanture de leur magasin. Les citoyens ne râlent pas pour autant, puisque le service minimum pour s’approvisionner en denrées alimentaires est garanti. Les pères de familles se sont rués, jeudi, vers les vendeurs en demi-gros de la pomme de terre.

Ce tubercule, qui avait soudainement disparu des étales mardi et mercredi, et après avoir atteint le prix de 100 dinars le kilo chez certains commerçants, a fait sa réapparition jeudi sur l’ensemble des points de vente, notamment ceux qui écument les abords des routes nationales et de wilaya.

Au centre-ville de Tizi Ouzou, l’animation habituelle des matinées des vendredis s’est carrément estompée avant-hier. Ils étaient très rares à déambuler dans les rues de la ville ou de la nouvelleville qui pour rencontrer ses amis, qui pour faire ses emplettes hebdomadaire, à l’instar des inconditionnels de la poissonnerie du marché couvert du centre-ville des Genêts qui ont fait du vendredi, un vendredi saint pour consommer le poisson en famille.

Rien de tout cela n’a lieu avant-hier, excepté les boulangeries qui ont toutes ouvert sans connaître, néanmoins, les files d’attentes habituelles. À Tizi-Ouzou, les gens ont véritablement pris conscience du danger, évitant de se rassembler ou de provoquer tout contact corporel, afin de se prémunir contre le virus.

Au carrefour principal, près de la première Sûreté urbaine, connu depuis février 2019 comme l’épicentre des marches hebdomadaires qui s’ébranlent du campus Hasnaoua de l’université Mouloud Mammeri vers la place de la Bougie, les lieux étaient occupés par cinq minibus de transports des troupes de la police de maintien de l’ordre.

Un dispositif discret toutefois, pour parer à d’éventuels regroupements de personnes qui feraient fi de leur intégrité sanitaire et exposer les plus vulnérables au risque de chopper le virus. Au final, les appréhensions se sont révélées infondées, car personne ne s’est amusé à s’aventurer pour s’exposer ou exposer autrui à ce risque devenu l’ennemi numéro 1 de tous les gouvernements de la planète.
M. A. T.