On appréhende déjà l’hiver

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La région de M’Chedallah est celle qui enregistre les plus violentes perturbations climatiques en hiver, particulièrement au niveau des communes de haute montagne, Saharidj et Aghbalou notamment. Cette situation est due au fait que cette région soit nichée sur les flancs sud du massif du Djurdjura, en plus de son caractère montagneux. D’ailleurs, le plus haut sommet de cette chaîne montagneuse, Tamgout (Lala Khelidja), culminant à 2 308 m d’altitude, se trouve sur son territoire. C’est aussi la région où la neige et le verglas règnent en maîtres absolus durant les cinq mois que dure la saison hivernale.

En plus de plusieurs routes secondaires qui desservent une dizaine de villages des communes de Saharidj et Aghbalou implantés en haute montagne, le territoire de la daïra de M’Chedallah est traversé par deux routes nationales reliant la wilaya de Bouira à celle de Tizi-Ouzou. Des routes qui traversent la chaîne montagneuse du Djurdjura, en l’occurrence les RN 30 et 15. A noter que ce sont des routes stratégiques, qui jouent un rôle important sur les plans économique, touristique et sécuritaire pour les deux wilayas.

Cependant, elles se retrouvent bloquées durant toute la saison hivernale par la neige et le verglas. Cette longue et pénalisante interruption de la circulation est principalement due au manque flagrant de moyens de déneigement, qui se résument en un chasse-neige de faible puissance mis à la disposition de la Subdivision des travaux publics de la daïra de M’Chedallah. Ainsi, ces villages de haute montagne se retrouvent bloqués durant des jours par la neige, accompagnée de coulées de boue et de chutes d’énormes pans de roche, qui nécessitent de gros moyens que cette daïra ne possède pas.

Plus bas, dans les communes de M’Chedallah, Ahnif, Ath Mansour et Chorfa, ce sont surtout les crues des ruisseaux qui descendent de la montagne, en drainant sur plus de 25 km l’eau provenant des pluies et de la fonte des neiges. Ces phénomènes sont souvent à l’origine de terrifiantes crues mettant en danger la plupart des agglomérations, en plus de provoquer de phénoménales érosions qui engloutissent des hectares de terrains agricoles hautement fertiles.

D’effroyables mouvements géologiques ont été également enregistrés dans cette région. Les derniers en dates sont ceux survenus à Selloum dans la commune d’Aghbalou et au village Ath Illiten dans la commune de Saharidj et enfin ceux d’Aarkouve au village Ath Yevrahim dans la commune de M’Chedallah. Ces trois terrifiants glissements de terrain se sont produits dans ces villages, qui sont toujours confrontés à cet énorme danger.

Malheureusement et depuis l’avènement de ces mouvements de sol, rien n’a été encore fait pour ne serait-ce freiner ces glissements de terrain, qui s’aggravent chaque hiver depuis 2015. A noter que la spécificité de cette région sur le plan climatique n’a jamais été prise en considération. De ce fait, les autorités locales continuent de gérer les multiples catastrophes naturelles chaque hiver avec de faibles et insignifiants moyens. Et les derniers violents orages ayant balayé la région en ce début du mois de septembre et qui ont provoqué d’importants dégâts dans plusieurs localités sont des signes avant-coureurs non trompeurs d’un hiver extrêmement rude.

Oulaid Soualah

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