Hier dimanche, plusieurs secteurs et administrations publiques étaient paralysés par une grève des fonctionnaires et des travailleurs qui ont répondu favorablement à l’appel de plusieurs syndicats autonomes.
Ainsi, les secteurs de la poste, de l’éducation nationale, des caisses d’assurance et des retraites, de l’université, de la culture, de la conservation des forêts, des collectivités locales, de l’ADE, d’Algérie Télécom et de la SDC ont été touchés par cette grève. Plusieurs marches et rassemblements ont été même observés durant la matinée d’hier à Bouira.
Un important rassemblement a eu également lieu et qui a regroupé des fonctionnaires de la direction de l’éducation, des collectivités locales (mairie, daïra et de la wilaya), ainsi que des employés de l’ADE. Les banques publiques étaient aussi touchées par ce mouvement. Les grévistes ont soulevé plusieurs revendications et slogans hostiles au pouvoir politique du pays, réclamant une «véritable transition démocratique».
Pour ces grévistes, le changement démocratique doit se faire en premier lieu à travers le limogeage du trio Ahmed Bensalah président du conseil de la nation, d’Ahmed Bedoui nouveau chef du gouvernement et enfin de Tayeb Belaiz président du conseil constitutionnel. Pour ces manifestants, une transition démocratique ne pourrait pas être assurée par des responsables nommés et désignés par l’ancien Président Bouteflika. «Les Algériens sont toujours mobilisés car ils réclament un changement démocratique réel et complet.
Nous ne pouvons pas accepter qu’une période transitoire soit gérée et guidée par des responsables installés par l’ancien président de la République. Il n’y a qu’une solution actuellement qui est la dissolution de l’ensemble des institutions élues et le remplacement des trois responsables en question par des personnalités crédibles.
L’élection d’une assemblée constituante souveraine, la nomination d’un gouvernement de transition ainsi que des poursuites judiciaires contre tous ceux qui ont dilapidé l’argent du pays durant les 20 dernière années sont aussi des points nécessaires pour faire réussir la transition souhaitée et établir un véritable État de droit et de justice», a expliqué hier Rachid, un fonctionnaire de la direction de l’éducation de Bouira. Selon notre interlocuteur, ce mouvement de grève se poursuivra pour une durée de trois jours, et d’autres actions de protestation sont aussi programmées au cours de cette semaine.
À noter, enfin, que les fonctionnaires de la direction de la santé ont, pour leur part, poursuivi leur grève entamée depuis mardi dernier. Ces derniers réclament, pour rappel, le départ de la directrice de la santé de la wilaya.
Oussama Khitouche

