Rassemblement de soutien au maire suspendu

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Des dizaines de militants du FFS, dont des élus, se sont rassemblés, hier matin, devant le siège de la wilaya de Béjaïa, en signe de soutien au désormais ex-maire de Béjaïa, Hocine Merzougui, présent, et l’un de ses adjoints, suspendus dernièrement par arrêté du wali. Dans leurs prises de parole, tous les intervenants ont dénoncé la mesure du wali, la jugeant «injuste». Intervenant à son tour, le maire suspendu dira dénoncer «la politique du deux poids deux mesures» de l’administration de la wilaya : «Je ne suis pas contre l’application de la loi, mais contre le traitement sélectif opéré par le wali.

Les citoyens doivent savoir que d’autres élus ont été poursuivis, mais n’ont jamais été suspendus», a-t-il déclaré, affirmant que sa suspension serait liée à ses positions politiques : «J’ai été suspendu parce que je ne suis pas un béni oui-oui, je me suis toujours opposé à ceux qui veulent faire de la commune de Béjaïa une vache à lait», a-t-il assuré, rappelant au passage son refus de signer un arrêté portant démolition d’une bâtisse appartenant au groupe Cevital. «On a rejeté ma demande de congé suite à mon refus de démolir cette bâtisse, pourtant, tout le monde à droit à un congé annuel», a-t-il encore dénoncé.

Lors de son intervention, Hocine Merzougui a également décoché quelques fléchettes à l’endroit du wali de Béjaïa, qui serait, selon lui, derrière «cette cabale après avoir refusé de me soumettre à son diktat». Venu lui témoigner son soutien, le maire FFS de Tichy a lancé : «Hocine Merzougui est victime d’une injustice». Lui succédant au micro, Yahia Boukelal, un ancien parlementaire du FFS, dira quant à lui : «Le maire de Béjaïa est victime de ses positions politiques». Le coordinateur de l’instance présidentielle du parti, Ali Laskri, était lui aussi présent à ce rassemblement de soutien au maire suspendu.

Lors de son intervention, il a qualifié la suspension du maire de la commune de Béjaïa de «manœuvre et de diversion du pouvoir visant à casser le mouvement populaire», appelant les élus de son parti à sortir dans la rue : «Je vous demande de sortir dans la rue, car c’est elle qui vous protègera», a-t-il dit, rappelant que le FFS a, par le passé, demandé «l’abrogation des codes de la commune et de wilaya et la dissolution des deux chambre du parlement pour changer le régime et aller vers une nouvelle République».

Ayant pris part au rassemblement, des animateurs du Pacte des forces de l’alternative démocratique, dans une déclaration rendue publique avant-hier, avaient qualifié la suspension du maire de Béjaïa «de décision d’une extrême gravité», assurant que «l’interprétation de l’article 463 du code communal obéit à une orientation qui s’inscrit dans le processus de démantèlement de tous les espaces démocratiques arrachés par le mouvement populaire depuis 12 mois, en imprimant la primauté de l’administration sur la représentation populaire».

Le PAD de Béjaïa appelle dans son document toues les forces politiques et sociales (…) à «ne ménager aucun effort pour défendre les acquis arrachés par la rue (…)», plaidant pour «le respect de la souveraineté populaire, la révocation des élus par le peuple, la primauté de l’élu sur l’administration et l’arrêt de toute forme de répression à l’encontre de la représentation populaire». Il est à signaler que les parlementaires et les élus de l’APW du parti n’étaient pas présents au rassemblement d’hier.

F. A. B.

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