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Lecture, production littéraire et climat culturel de leur évolution

Comment remonter la pente du déclin culturel ?

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Les salons de livres se suivent, se ressemblent et s’essoufflent dans un contexte de patent déficit de lecture et de lecteurs. National ou international, un salon du livre ne peut donner que ce qu’il a, c’est-à-dire un panorama de l’édition à un instant donné. Il est, en tout cas, quasi impossible d’en attendre une ‘’révolution’’ culturelle qui ferait de tous nos lycéens et étudiants des lecteurs ‘’invétérés’’ et des amoureux du livre. Le fait est que le retard à combler en la matière est gigantesque, et que pour le moment, il ne fait que s’accroitre et rendre la tâche plus complexe que jamais.

Dans les pays à tradition de lecture bien ancrée, la rentrée littéraire est déjà prête pendant la période estivale pour investir les librairies, les maisons organisatrices de prix et les magazines de critique littéraire dès septembre. Des milliers d’ouvrages attendent d’être annoncées en France, en Allemagne, au Royaume Uni et dans d’autres pays dont plus de la moitié relève de la catégorie de littérature pure (roman, nouvelles, poésie et pièces de théâtre). Le reste est consacré à l’histoire, aux essais philosophiques et aux thèmes relatifs aux sciences sociales.
De même, la course aux prix littéraires est un autre moment de fièvre et d’exaltation de la création. L’encouragement à une production de qualité passe aussi ce canal.
En Algérie, nous en sommes encore aux premiers balbutiements. Des instances culturelles- publiques ou associatives (fondations)- ont, depuis quelques années, commencé à décerner des prix littéraires à des romanciers, poètes, dramaturges ou nouvellistes. L’idée de récompenser la efforts de création littéraire- au même titre que les autres récompenses touchant le monde de l’art pictural, cinématographique,…-est une noble entreprise censée encourager la qualité et la quantité en matière d’investissement esthétique. Cependant, le moins vigilant des observateur de la scène littéraire et artistique nationale est fondé à se poser la question de savoir que peuvent réellement valoir, sur le plan intellectuel et de travail de création, les prix littéraires décernés par certaines instances culturelles. La question mérite d’être posée aussi bien aux structures publiques (Bibliothèque nationale, HCA, ministère de la Culture) qu’aux associations, fondations ou clubs privés. Hormis les comités de lecture ad-hoc, dont on ignore souvent l’envergure et la composition, le processus de lecture critique- via la presse, l’Université ou une quelconque instance reconnue en la matière- demeure souvent le grand absent. Ce processus qui permet, sous d’autres cieux, de faire apparaître, en dehors bien sûr de la promotion publicitaire, au grand jour les écrits littéraires (poésie, roman, théâtre, nouvelle,…) reste à inventer chez nous. À de rares exceptions, les prix littéraires ont paradoxalement tendance à précéder le travail de critique.

Atonie culturelle

Face à l’absence d’instances académiques idoines et de revues spécialisées en critique littéraire, la production littéraire, dans toutes ses catégories, peine à trouver un filtre qui puisse conduire à une décantation basée uniquement sur la valeur intrinsèque de l’ouvrage selon des canons esthétiques et qualitatifs établis d’après les spécificités culturelles du pays et les valeurs de la culture universelle.
La presse écrite, sans prétendre remplacer les structures et les instances inhérentes à ce genre d’activité peut aider à une meilleure lisibilité de la production littéraire, à une didactique de la lecture.
La profusion des écrits littéraires, même si elle peut renseigner d’une manière approchée sur l’état de ‘’santé culturelle’’ d’un pays, ne peut s’inscrire dans la durée de l’histoire littéraire que par un travail de sélection, de classification et de promotion des œuvres. Il est tout à fait évident qu’un premier travail d’ ‘’élagage’’ s’effectue par une sorte de décantation naturelle qui fait émerger le ‘’bon goût’’ du moment, selon l’expression classique. Cependant, une intervention de l’élite intellectuelle composée d’universitaires et d’hommes de culture, permet de baliser les idées, de consacrer des tendances et, souvent, de faire émerger des courants.
Cette intervention, généralement non institutionnalisée, se fait dans le monde moderne par le moyen de la presse écrite, de la radio, de la télévision, des colloques et des écrits universitaires.
Ce que l’on nomme tout simplement la critique littéraire a une fonction culturelle, idéologique et esthétique certaine. Son histoire- même si elle remonte sur le plan formel aux heures de gloire de la renaissance littéraire européenne-, ne se confond pas toujours avec l’histoire de la création littéraire elle-même. Des décalages temporels, parfois considérables, séparent l’œuvre de son analyse critique.
Dans la situation de sécheresse et d’atonie caractérisant le champ culturel algérien, prétendre pouvoir tenir des rendez-vous littéraires peut être considéré non seulement comme une prouesse, mais une gageure. Sous le ciel gris du monde de l’écriture et de la lecture, au milieu d’un écheveau culturel où les repères se volatilisent sous les coups de boutoir d’une ‘’modernité’’ mal assumée, et dans l’ambiance débilitante du folklorisme cathodique, les gens de lettres avancent dans un sentiment d’exil de moins en moins supportable et les lecteurs- le peu de lecteurs constitués en une curieuse ‘’secte’’- se racontent, en anachorètes invétérés des classiques qu’ils ont lus il y a longtemps ou de nouvelles publications qu’ils viennent d’acquérir. Au vu de l’absence de relève due aux performances peu flatteuses de notre système scolaire, la race des lecteurs voit son nombre se réduire en peau de chagrin.
La nouvelle génération formée à l’école fondamentale s’est souvent contentée d’obtenir sa moyenne lui permettant de passer en classe supérieure dans des conditions parfois discutables. Où sont passés les enseignants qui, au cours des années 1970 et au début des années 1980, imposaient aux classes… scientifiques la lecture de tout le volume du ‘’Talon de fer’’ de Jack London et sa contraction en quelques pages? Il en était de même avec ‘’Les Lettres persanes’’ de Montesquieu.
L’arabisation intempestive des programmes ne peut même pas se targuer d’inculquer à nos potaches l’amour des belles-lettres qui vous font aimer Mahmoud Taymour, Kassem Amin, Taha Hussein, Khalil Gibrane, Tahar El Haddad, Djamal El Ghitani ou Benhadouga.
Le dernier des géants de la littérature arabe, le Soudanais Tayib Salih, disparu en 2009, est plus connu, chez le lecteur algérien, en traduction française via les éditions Sindbad qu’en lecture directe en arabe.
De même, l’invasion du ciel algérien par des centaines de chaînes de télévisions satellitaires n’a pas été sans provoquer une véritable anémie dans le potentiel de lecture chez la jeunesse. N’ayant aucune prédisposition à sasser, filtrer ou sélectionner des programmes adaptés par le thème et circonscrits dans le temps, les téléspectateurs passifs sont engoncés dans cette mollesse ou rêvasserie alimentant la frustration de voir le reste du monde vivre, festoyer, jubiler et même verser dans les plaisirs salaces. Les résultats sont des plus inquiétants sur le plan de la formation de la personnalité de nos enfants, élevés sur la base d’un complexe par lequel ils idéalisent l’étranger et développent la haine de soi.

Inquiétante désaffection

Quels sont ces parents qui daignent accompagner leurs enfants sur les rayons des librairies et des bibliothèques municipales pour guider leur choix et susciter leur curiosité? Même pour orienter sa progéniture sur les programmes de la télévision pour la faire profiter des programmes éducatifs et scientifiques, l’on se sent comme un sentiment d’impuissance généré par le climat général du foyer et les diverses préoccupations des parents et des enfants.
Pour poser la question plus hardiment comme se la posent les pays avancés- question considérée comme indice majeur du développement culturel-: combien de livres lit en moyenne un Algérien par semaine ou par mois ? La réponse donnerait le tournis à tous ceux qui tiennent cette activité en haute estime, à tous ceux qui la considèrent comme le fondement même de la culture.
Même si, partiellement, l’argument de la cherté du livre- avec la libéralisation de l’économie- est recevable, il n’en demeure pas moins que les raisons essentielles de la désaffection pour la lecture sont à chercher du côté du nouvel environnement culturel marqué par l’hégémonie de l’audiovisuel, de la défaillance du système scolaire qui a cessé de transmettre le merveilleux de l’image des mots, le délicieux secret de la poésie, la curiosité intellectuelle par laquelle se construit l’esprit de citoyenneté.
Tant qu’il ne représente qu’une matière inerte, une masse de papier déposée chez le libraire, un livre ne ‘’dit’’ encore rien. Un livre est une « machine à lire » et c’est la lecture qui le définit’’, soutient Robert Escarpit dans sa ‘’Sociologie de la littérature’’.
Même si l’auteur a passé des nuits blanches pour aligner ses phrases, rechercher ses mots, agencer ses paragraphes et mettre en situation ses personnages, ce n’est qu’une fois qu’il sera ‘’défloré’’ par le lecteur qu’un livre acquiert son statut, fait son effet, jette mélancolie ou joie dans le cœur, marque de son empreinte et appelle éventuellement à la relecture.
Cependant, l’univers du livre ne se limite pas à la seule complicité auteur-lecteur, même si, en définitive, ces deux agents constituent les vrais tenants et aboutissants d’un processus magique qui n’a cours ni dans le domaine de l’industrie, ni dans les autres secteurs ou catégories de l’activité humaine. La lecture est définie par Valéry Larbaud comme un ‘’vice impuni’’ ; l’écriture, non plus, n’est pas loin de cette définition. Mais que représentent ces deux segments de la vie culturelle dans notre pays ?
Rares sont les occasions qui s’offrent à nos journaux d’ouvrir sur un événement culturel lié à la production littéraire. Cette dernière étant entendue dans son acception la plus large : littérature de fiction, poésie, théâtre, essais, études sociologiques ou politiques,…etc. La réponse, pour ceux qui sont tentés par la superficialité de l’analyse, est toute trouvée : la production d’un livre qui mérite l’attention des médias et du lecteur serait plutôt une exception qu’une règle. On justifie également le manque d’intérêt accordé à l’actualité du livre par l’absence d’un lectorat potentiel. La génération qui a hérité du réflexe de la lecture à partir des obligations de l’école coloniale tendant de plus en plus à disparaître, il ne reste que les jeunes arabisants qui baragouinent l’arabe et se sentent étrangers au français. Quant à pénétrer les écrits en berbère, cela relève d’une corvée à laquelle ils répugnent de s’astreindre sous prétexte que ses horizons ne dessinent encore aucune espèce d’ ‘’utilité’’ économique ou sociale.
Pourtant, sur le plan de la quantité la scène éditoriale commence à s’encombrer pour un pays qui, il y a vingt ans, vivait sous le monopole de l’ex-ENAL. Les maisons d’édition privées sont déjà bien établies depuis que, timidement, Bouchène et Laphomic eurent ouvert la brèche à la fin des années 1980. Kasbah-Editions, Barzakh, Dar El Gharb, El Amal, Talantikit,…les noms des boites privées fleurissent avec, certes, un inégal bonheur.
Il faut reconnaître aujourd’hui que le slogan démagogique des années soixante-dix du siècle dernier qui disait que le peuple avait besoin de livres de la même façon qu’il avait besoin de pain n’a jamais été suivi d’effet.

Enseignement au rabais et absence de background

La plus vive curiosité de lecture régulière et susceptible de charrier interrogations et réflexions est sans aucun doute celle nourrie par les ouvrages des sciences humaines et sociales. Les essais de sociologie, d’anthropologie, d’histoire et d’autres disciplines connexes sont à même de contribuer à la formation de la personnalité et d’esprit de citoyenneté.
En Algérie, l’enseignement des sciences humaines et sociales illustre on ne peut mieux la faillite du système éducatif dans sa plus large signification (scolaire et universitaire). La chute qu’elles ont subie dans tous les paliers de l’enseignement les confine presque dans un charlatanisme qui ne dit pas son nom. L’histoire et la géographie sont deux matières principales enseignées au lycée de façon à préparer l’élève à recevoir correctement l’enseignement des sciences humaines à l’université. Un regard jeté sur ces deux disciplines nous renseigne amplement sur le désastre pédagogique provoqué dans les sciences humaines. En effet, comment pourra-t-on aborder les thèmes de la division internationale du travail, la genèse et l’évolution des conflits sociaux, les rapports entre la croissance et le développement, la mobilité sociale, le chômage, le produit intérieur brut,…lorsque, pendant toute sa scolarité l’élève n’a eu droit qu’à de vagues notions sur la Nation arabe et la Oumma islamia ? Dans le contexte même de cette aire civilisationnelle, on ne donne que rarement sa place à un esprit lumineux comme Ibn Khaldoun, on n’aborde souvent pas le mode de vie des populations sahariennes, le génie des peuples qui ont construit les foggaras et les canalisations du Nil. Les flux commerciaux par l’intermédiaire desquels certains pays asiatiques (Indonésie, Pakistan, îles Comores, Sénégal,…) ont été islamisés sans conquête armée n’ont pas encore reçu leur part d’explication historique dans notre enseignement universitaire.
Les aléas inhérents à la politisation hypertrophiée de ces disciplines d’enseignement se trouvent aggravés par la situation du champ économique du pays qui ne leur réserve que de rares débouchés dans la vie pratique. Le désarroi de ceux qui se sont retrouvés, malgré eux, dans ce genre de filière est d’autant plus préoccupant que les concernés disposent rarement d’un background qui leur permettrait de dépasser leur condition d’ ‘’infra-diplômés’’. Le support pédagogique, lui non plus, ne déroge pas à la règle d’une disette d’autant plus incompréhensible qu’elle a lieu en pleine libéralisation du commerce et de l’économie. Mais, en fait, de quoi s’agit-il ?
Étudiants et enseignants se plaignent de la pauvreté d’ouvrages didactiques ou de fonds relatifs au domaine vaste et diversifié des sciences humaines et sociales. Le phénomène n’est pas nouveau ; il remonte à la période où les matières inhérentes à ces disciplines étaient enseignées en langue française, aussi bien pour la philosophie au lycée que pour la sociologie, le droit, l’histoire, l’anthropologie culturelle, l’ethnologie ou l’économie dans les universités. Le problème a pris une ampleur considérable depuis que la plupart de ces matières ont été ‘’officiellement’’ arabisées à partir du milieu des années 1980 ; officiellement, car, dans la réalité des choses, dans les amphithéâtres de nos universités, le français se trouve mêlé à l’arabe, une cohabitation qui n’est pas toujours issue d’une ambition d’élever le niveau, de donner des horizons nouveaux aux étudiants et d’embrasser les différente facettes d’un panel de disciplines qui n’ont pas toujours l’avantage de la ‘’lisibilité’’ immédiate. Le ‘’sabir’’ en vigueur dans nos salles de classe pour expliquer la phénoménologie de Husserl, les concepts d’ ‘’inconscient collectif’’, de ‘’classe sociale’’ ou de ‘’sublimation’’, est plutôt dicté par la nécessité impérieuse de faire passer le message aux étudiants, par quelque moyen que ce soit, vu l’état de faux bilinguisme dans lequel ils se trouvent, situation s’apparentant souvent à une approximation fort dommageable dans les deux langues.
Ayant fait leurs études primaires et secondaires en arabe, les étudiants se trouvent confrontés à un problème de taille : les références bibliographiques, soit à caractère didactique soit des ouvrages de fond, sont dans la majorité des cas écrites dans les langues occidentales et, pour le cas qui nous concerne, en langue française. Les quelques cas d’ouvrages traduits, non seulement ils représentent une infime partie de la production mondiale en la matière, mais aussi présentent fréquemment l’inconvénient d’une traduction approximative, parfois littérale, qui laisse de côté les idées essentielles véhiculées par les ouvrages-sources.
En tant qu’ensemble de disciplines participant à la préparation des cadres de la nation pour prendre en charge, demain, les questions économiques et sociales du pays, et en tant que domaine faisant partie de la culture de la citoyenneté et de la formation des élites, ces matières sont, à dessein, dévalorisées par certains décideurs des pays arabes. C’est, en quelque sorte une conséquence logique- voire même un axe fondamental- du travail de soumission des peuples à la volonté des princes, travail qui exige l’anéantissement de toute pensée critique et de réflexion citoyenne. Un peuple cultivé qui fait de la lecture une des ses activités principales- à l’école, dans le train, dans le bus, à la mosquée…-, ne peut être soumis totalement ou continuellement.

Les medias : chaînon manquant

Aujourd’hui, outre la nécessité d’une formation scolaire et universitaire qui fasse de l’incitation à la lecture une de ses priorités majeures, les médias sont aussi interpellés pour diffuser et vulgarise la culture du livre (émissions de télévision et de radio où l’on invite des écrivains, des éditeurs et des critiques, création de revues littéraires porteuses du sens de la critique et initiatrices de prix, intérêt accru de la presse quotidienne et hebdomadaire au livre par des notes de lecture, des articles de fond,…).
Dans la chaîne de la production et de l’industrie du livre, la presse écrite constitue un maillon essentiel, indépendamment des bons de commandes publicitaires que pourraient y introduire les éditeurs. Et puis, il ne faut pas non plus oublier que le champ littéraire algérien a poussé ses ailes vers tous les cieux où se retrouve notre communauté. Des livres d’auteurs algériens sont publiés à Beyrouth, au Caire, à Berlin, à Ottawa et à Paris. Les contingences commerciales et le déficit d’information (à l’heure des technologies de pointe) font que ce cosmopolitisme est mal rendu dans notre presse. Nul besoin de pousser jusqu’à cette extrémité nos appétits de lecture et d’information sur le monde des livres. Des productions précieuses réalisées par des maisons d’éditions établies en Algérie n’ont pas connu l’heur d’être présentées dans la presse.
Il est vrai aussi que l’effort de nos journaux reste limité par l’absence d’une stratégie professionnelle qui ferait de l’activité culturelle leur ‘’chose’’. Un événement politique, économique, social ou scientifique serait mieux vulgarisé et explicité s’il était encadré par une bibliographie, une cartographie et une iconographie appropriées. Dans un pays comme la France, pourtant assez cultivé pour faire l’économie de certains détails qui peuvent paraître superfétatoires, le journal télévisé ne présente une information de proximité que précédée d’un médaillon cartographique qui en situe la commune ou la bourgade. C’est une affaire de culture et de tradition pédagogique qu’il importe de méditer de ce côté-ci de la Méditerranée au lieu de s’employer à singer des émissions de divertissement ou des sitcoms marqués d’une certaine spécificité culturelle souvent ‘’intraduisible’’.
Dans l’état actuel du paysage éditorial algérien, la presse semble quelque peu en décalage par rapport à la masse de production de livres. Des journaux ont lancé des pages littéraires au cours de ces quatre dernières années, mais l’effort à accomplir dans ce sens reste encore considérable.

Amar Naït Messaoud
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