S’il y a un sujet qui tient en haleine la population d’Aïn El-Hammam à longueur d’année, c’est sans conteste la distribution du lait en sachet dont le feuilleton est devenu quasi quotidien.
Elles sont rares les périodes où les chaines pour le produit tant convoité ne débordent pas de la superette du centre, seule à en disposer à Michelet ville. On pensait que le problème allait trouver une solution suite à une relative baisse de tension à la veille de l’été. Malheureusement pour les clients, ce n’était que temporaire. Depuis bientôt un mois, l’on assiste aux sempiternelles chaines humaines aussi longues qu’auparavant. Pire encore, les habitués de ces chaînes n’ont droit qu’à quatre sachets chacun, «pour satisfaire le plus grand nombre de clients», dit-on.
À neuf heures, il n’y a plus un sachet dans les bacs. Les quantités limitées mises en vente sont vite épuisées. Dépité, un habitant de la ville dira que «le lait a pris la direction des villages», ajoutant que chaque soir, les commerçants remplissent leurs camionnettes de ce produit qui semble rentable. Le problème de la vente concomitante qui n’est plus de mise en ville est déplacé vers les villages où les commerçants, qui ne sont jamais inquiétés par les services du commerce, agissent à leur guise. Ainsi, pour deux sachets de lait, payés d’ailleurs à 27 dinars l’unité, le consommateur est sommé de prendre du «lait de vache», d’ailleurs imbuvable pour certains, à cinquante dinars.
Certains proposent du petit lait ou un autre produit qu’on leur a fourgué et dont ils doivent se débarrasser. De toutes façons, le produit est si demandé que les détaillants n’enregistrent jamais d’invendus. Malgré ces pratiques, les clients prennent leur lait et remercient le vendeur comme s’il leur avait rendu un service. Si certains acheteurs se désolent, en aparté, que les services concernés «ne contrôlent que les commerçants des villes», d’autres, des personnes âgées particulièrement, avouent qu’ils préfèrent payer deux dinars de plus, plutôt que de se faire malmener dans «des bousculades où on ne respecte ni les vieux ni les malades».
Inutile de chercher les raisons de ces disfonctionnements. Les principaux acteurs (distributeurs, détaillants et autres) se renvoient tous la balle.
A. O. T.

