Tamridjet – Taghzouit, une bourgade oubliée

Enserrée entre oued Agrioun et le massif montagneux, Taghzouit est une bourgade sans accès.

S’étendant sur une superficie de 53,27 km² et constituée de zones éparses, à l’instar de Laâlam, Zentout, Sidi Ghit, Aït Djamaâ, géographiquement alignées sur le chemin communal, Taghzouit est visible depuis la RN9.

Elle ressemble à une belle carte postale. Et pourtant. Ses habitants se disent oubliés par les autorités locales, car elle n’a jamais bénéficié d’une quelconque prise en charge, selon eux.

Le pire, c’est qu’ils éprouvent toutes les peines du monde pour y accéder ou rallier l’autre rive, et ce en l’absence d’une route carrossable.

Ils essayent alors de la rejoindre via l’oued Agrioun mais c’est au péril de leur vie, surtout en période hivernale ou au moment de la crue de l’oued ou du lâcher du barrage d’Ighil Amda.

Comme palliatif, ils ont procédé, grâce à Thiwizi, à la mise en place d’une charrette fixée à des fils métalliques reliant les deux rives, afin d’échapper aux eaux de l’oued.

Une corvée quotidienne qu’ils en ont assez d’accomplir. A cet effet, les villageois déplorent cette situation insupportable, où le danger les guette à tout moment, tout en interpellant les autorités locales, afin de la solutionner.

Rencontré sur les lieux, un d’eux a indiqué : «Nous avons le malheur d’être originaires de cette bourgade qu’on ne peut quitter, laissant nos terres et nos maisons. Plusieurs réclamations et requêtes ont été formulées aux autorités locales pour nous venir en aide, afin d’améliorer notre quotidien et nous sortir de notre isolement, en vain. Et dire qu’on n’a même pas une aire de jeux pour les enfants !»

Et d’enchaîner : «Apparemment, la mairie sert seulement à la délivrance des documents d’état-civil. » Ainsi, la population de Taghzouit a lancé un ultime appel de détresse à qui veut l’entendre.

Nadir Hama