Une coordination des villages est née !

Partager

Face à la dégradation de leur cadre de vie et à l’arrêt de la majorité des projets de développement, les citoyens de la ville de Sour El-Ghozlane, au sud de la wilaya de Bouira, ont décidé de s’organiser.

En effet, une coordination représentant la totalité des quartiers et des villages de cette commune a vu le jour au début de ce mois d’août. Les membres de ce collectif, et après avoir tenu plusieurs réunions et rencontres avec les riverains, ont adopté une plateforme de revendications de 18 points qu’ils ont adressée dimanche dernier au wali de Bouira, ainsi qu’à la majorité des responsables locaux et des directeurs de l’exécutif de la wilaya.

L’ouverture du nouveau bloc des urgences de l’hôpital de cette ville ainsi que la réalisation d’un nouvel hôpital sont les deux pricipales revendications soulevées par le comité de citoyens. «Le nouveau bloc des urgences a été achevé en 2012 et n’a toujours pas été mis en service. Malgré les promesses de la directrice de la santé et des élus locaux, ce bloc demeure toujours fermé et nous ignorons les véritables raisons, alors que notre hôpital est surchargé et ne peut plus prendre en charge convenablement le nombre important de patients qui transitent quotidiennement par ses services. La réalisation d’un deuxième hôpital est désormais une nécessité», lit-on dans le premier paragraphe de cette plateforme de revendications, où les signataires ont aussi réclamé l’augmentation des capacités d’accueil de l’institut de formation en paramédical et l’ouverture de l’annexe de l’institut Pasteur qui demeure fermé depuis sa réalisation en 2007.

Par ailleurs, en plus de la réhabilitation des réseaux de distribution de l’AEP du centreville et la réhabilitation du stade communal, les membres de ce comité ont réclamé l’accélération des travaux de la nouvelle autoroute reliant Sour El-Ghozlane à Bouira, et dont les travaux accusent un énorme retard.

«Les travaux de la nouvelle autoroute lancée en 2012 n’ont pas été achevés à ce jour et aucun responsable ne peut avancer une date pour son ouverture que nous attendons depuis des années. Les quartiers du centre-ville sont aussi mal alimentés en eau potable, et les coupures d’eau sont devenues récurrentes, en raison de la vétusté du réseau AEP qui nécessite toute une opération de réhabilitation. Idem pour le stade communal dont l’infrastructure affiche plusieurs dégradations et les sportifs évoluent dans des conditions lamentables», ont-ils encore ajouté.

Concernant les projets d’amélioration urbaine, les représentants des riverains ont réclamé la relance des opérations d’entretien et de peinture extérieure des immeubles et des bâtiments de l’OPGI, ainsi que la relance du projet de réhabilitation du jardin public, à l’arrêt depuis plus de cinq années. Ils ont aussi réclamé l’aménagement des quartiers ‘’Ben Omar ’’ et ‘’Guelta Zergua’’. Les signataires ont aussi revendiqué l’installation d’un responsable et d’un imam pour la mosquée ‘’El Othmani’’ du centre-ville. Selon les plaignants, ce lieu de culte, qui est la première et la plus grande mosquée de cette commune, est dans un état d’abandon et elle est gérée ‘’avec une certaine anarchie’’ depuis plusieurs année et ce, en raison de l’absence d’un responsable et d’un imam. Demande d’ouverture d’enquêtes sur la gestion de la ZAC Toujours dans la même plateforme de revendications, les citoyens ont demandé le lancement des travaux de raccordement des deux villages d’Ouled Gacem et d’Ouled Tajin au réseau de gaz naturel.

Ce projet a été annoncé, pour rappel, par le wali de Bouira en personne le 08 janvier dernier, mais il n’a toujours pas été lancé. Les signataires ont tenu aussi à rappeler l’arrêt prolongé des deux chantiers de la formule de l’AADL au niveau de cette ville, ainsi que la fermeture de la piscine communale. «Les citoyens des villages d’Ouled Gacem et Ouled Tajin souffrent toujours de l’absence du gaz naturel et ce, malgré l’engagement du wali de Bouira pour l’inscription d’un projet dans le cadre des aides du fonds FCCL. Nous attendons toujours la concrétisation de cette promesse qui s’est faite via une vidéo sur Facebook… Les projets de logements de la formule de l’AADL sont toujours à l’arrêt depuis leur lancement en 2016, alors que la piscine communale fermée depuis les années 1990 n’a toujours pas été réhabilitée malgré les promesses de tous les maires qui se sont succédé à la tête de notre APC», ont-ils écrit.

Dans le même sillage, les citoyens ont réclamé auprès des autorités locales le renforcement des moyens dédiés à la propreté et à l’hygiène, ainsi que l’éradication de toutes les décharges sauvages recensées sur le territoire de cette commune. Les habitants de cette ville ont aussi demandé l’ouverture immédiate des deux marchés de proximité, réalisés à coup de millions de dinars mais fermés depuis des années. Trois points ont été soulevés enfin de cette plateforme de revendication. Il s’agit notamment d’une demande pour le relogement des habitants des cités ‘’ 17 octobre’’ et ‘’ la gare ferroviaire’’.

Deux quartiers dont les bâtiments menacent ruine et risquent de provoquer une véritable catastrophe humaine. Dans ce même sillage, les membres de ce comité ont aussi réclamé la réintégration de l’ensemble des exclus de la liste des 600 logements sociaux, rendue publique au mois de septembre dernier. Enfin, les signataires ont réclamé l’ouverture d’une enquête sur la gestion des projets attribués à cette commune, dans le cadre du programme des Hauts-Plateaux, ainsi que sur la gestion de la zone communale d’activité (ZAC), créée en 1984 avec plus de 50 lots industriels, mais qui ne compte qu’une seule entreprise active.

«Nous réclamons un inventaire précis et une enquête sur l’ensemble des projets du programme des Hauts Plateaux, ainsi que sur la gestion de la ZAC qui n’offre pas les possibilités d’octroi d’emplois espérés par la population locale», ont-ils conclu. Les signataires de cette plateforme ont assuré que des demandes d’audience seront adressées aux responsables de chaque secteur et même au wali de Bouira et ce, dans l’objectif d’exposer ces doléances de vive voix.

Oussama Khitouche

Partager