Par DDK | 2 Novembre 2005 | 289 lecture(s)
Celui qui chasse les mouches avec une hache
(1re partie)
«Amachahou rebbi ats iselhou Ats ighzif anechth ousarou» (Ecoutez, que je vous conte une histoire, Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil).
“Qui s’assemble se ressemble ”, dit un proverbe, c’est ainsi qu’un idiot fut marié à une idiote et, c’est leur histoire que nous allons vous raconter, d’après ce conte du terroir.Il y a très longtemps de cela, pour faire le bonheur de leur fils idiot, ses parents décident de le marier. Comme il est connu dans toute la contrée, il fut difficile de lui trouver une financée. Finalement, on lui déniche une jeune fille aussi idiote que lui.Une fois, le mariage célébré, l’idiot et l’idiote ne tardent pas à avoir trois filles et un garçon. Les années passent. les filles sont toutes mariées, il ne reste plus à la maison que le petit garçon.Une fois en passant près de la rivière, le père idiot entend les coassements de grenouilles dans une mare, croyant que ce sont des écoliers qui répètent leur cours à l’unisson, dès qu’il rentre à la maison, il dit à sa femme idiote :- Tous les enfants font des études dans la rivière, je veux si tu es d’accord qu’on instruise notre unique garçon.- C’est une bonne idée mon ami, va vite inscrire notre petit !Le père prend aussitôt son petit par la main, dès qu’il arrive à la rivière, il le jette à l’eau à l’endroit où il a entendu le coassement des grenouilles.Content d’avoir emmené son fils à l’école, il retourne chez lui avec le sentiment d’avoir accompli un devoir sacré.En fin d’après-midi, la mère idiote demande à son mari de l’accompagner chez leurs trois filles mariées. Elle amène avec elle de l’huile, un peigne, un châle et de la pâte pétrie à l’effet de préparer des beignets chez ses trois filles.Le couple en passant près de la rivière entend les coassements des grenouilles, le mari très content dit à sa femme ravie :- Entends notre fils étudier !Le bruit que font les grenouilles la remplit de joie, elle croit sincèrement son mari, mais le pauvre petit qui ne sait pas nager s’est noyé.Continuant leur chemin, ils s’arrêtent devant un buisson de genêts (azezou) rabougri. Le prenant en pitié, elle lui verse dessus l’huile et lui suggère de se peigner avec le peigne qu’elle avait emporté.Quelques kilomètres plus loin, ils trouvent un rocher dégoulinant d’eau, prise de compassion pour qu’il n’attrape pas froid, elle le couvre de son châle.Arrivés chez leur première fille, ils trouvent celle-ci avec un bébé. Au moment de préparer le dîner, le bébé se met à pleurer. Pour le faire taire, la femme idiote s’approche de lui, le prend dans ses bras et l’ausculte. Trouvant une partie de son crâne molle, elle se saisit d’une fibule et fit un trou, le bébé s’endort aussitôt.Après avoir dîné, sa fille jette un coup d’œil sur l’enfant endormi, pour lui donner à téter. Le trouvant inerte, elle s’adresse à sa mère et lui dit :- “Thenghidh memmi ?” (Tu as tué mon fils ?)- Qu’est-ce que tu dis, je n’ai fait que lui laver la tête et lui faire un petit trou, suite à cela il s’est endormi. Normalement tu devrais me remercier, mais puisque tu es ingrate, tu n’auras pas droit à la pâte à beignets que j’ai ramenée.D’un ton autoritaire, elle s’adresse à son idiot de mari et lui dit :- Partons mon ami, on ne va pas rester une minute de plus ici !
Benrejdal Lounes(A suivre)






