Par DDK | 8 Aout 2018 | 821 lecture(s)

Chanson - Mokrane Aït Idir, auteur compositeur

«Mon nouveau produit est fin prêt»

Auteur, compositeur, interprète. Mokrane Ait Idir peut s’enorgueillir d’avoir à son actif un parcours artistique honorable. C’est dans les premières années postindépendance que cet enfant d’Ouzellaguen a fait son entrée initiatique dans le monde de la chanson. «J’ai appris mes premières notes de musique dans le cercle de l’UNJA d’Ighzer Amokrane. Par la suite, un cousin du village Sidi Younes me prêtait de temps en temps sa guitare, que j’allais moi-même chercher en la camouflant sous mon burnous», se remémore Mokrane. De fil en aiguille, son dilettantisme s’est mué en passion dévorante, solidement chevillée au corps. Sa vocation se révèle. Il ne reste plus qu’à la sublimer, en se lançant dans le tour de chant.

Au commencement était… «La source»

Taâwint (la source), est le titre de sa première chanson écrite le 3 aout 1975, à l’âge de 22 ans. Cette source de vie dont on se sustente, est aussi une source d’inspiration qui irrigue la fibre poétique de l’artiste. Et quand on met son cœur à l’ouvrage, la rime et la mélodie coulent forcement de source. Sans bruits inutiles. «J’écoutais souvent Slimane Azem, Cherif Kheddam et Taleb Rabah, auprès desquels j’ai beaucoup appris», confie l’artiste.La quintessence de ses œuvres sera cristallisée dans son premier 45 tours enregistré en 1976. «Anerzu», «Ighriven», «Kim Alaz iw», et bien d’autres chansons ciselées avec une passion d’orfèvre. Au total, il a composé une cinquantaine d’œuvres, surprenantes par leur singularité et admirables par leur esthétique. Court mais intense, éphémère mais trépidant, le parcours de Mokrane Ait Idir lui a permis de se forger un tempérament artistique et un style musical, qui lui ont valu une estime et une aura indéniables. En dépit de son génie créateur reconnu, l’homme ne s’est jamais départi de son affabilité. Mokrane Ait Idir a été le récipiendaire du 1er prix au festival de la chanson patriotique, organisé en 1984 à Bgayet. Sur la scène artistique, il a côtoyé Cherif Kheddam, Matoub Lounès, Sid Ali Nait Kaci, Ouazib Md Ameziane, Meziane Rachid, Cherif Hamani, Marzouk Mazari, Ait Rahmane Madjid, M’henni et bien d’autres. Il s’est notamment produit en 1981 au théâtre de verdure avec le groupe Agraw, au stade deTizi-Ouzou avec le groupe Idurar et à Sidi Aich avec Ferhat Imazighen Imoula. Il a participé à de nombreuses émissions radiophoniques de la radio Soummam et de la chaine 2. Depuis celles animées par Cherif Kheddam jusqu’à Boudjemaâ Rabah, en passant par Si Smail et Achrouf Idir. Il a même joué dans le film «le verdict noir» de Assam Hmimi où il a campé le rôle d’un père de famille. Ayant arrêté la production depuis 2006, Mokrane semble pourtant n’avoir pas encore dit son dernier mot : «j’ai composé un nouveau produit qui est fin prêt. Je le sortirai en temps opportun», promet-il.

N. Maouche

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