Par DDK | 26 Aout 2018 | 889 lecture(s)

Culture

Fodhil Lounas, un jeune auteur tenace

Un certain 28 août 1995, la route d’Akbou, et plus précisément la localité d’El Adjiba (Bouira) fut le théâtre d’un terrible accident de la circulation, dont Fodhil fut victime en compagnie de sa famille. Son grand-père décéda dans cet accident, alors que lui, était grièvement blessé, perdant la vue suite à une hémorragie cérébrale, en dépit des efforts des médecins pour le sauver. Tout cela ne l’empêcha pas de refaire surface et braver tous les aléas de la vie, jusqu’à obtenir un master en journalisme audio-visuel. «Fudil Lunnas» en tamazight, est né le 15 août 1990 à Sanana dans la région de Draâ El-Mizan. Dès son jeune âge, il aimait Tamazight d’autant que ses parents étaient de grands militants de la cause. Son premier roman est «Tajejjigt n’Tezgi», (La rose des maquis), pseudonyme de l’un des personnages principaux de cet opus de 110 pages paru aux éditions El Amel (Tizi-Ouzou). En effet, son handicap a été pour lui un déclic. «En 1999, j’entre à l’école des non-voyants de Boukhalfa. Je me suis alors fixé de relever le défi et devenir journaliste pour informer et faire vivre au public les joies et les peines des uns et des autres surtout en images», nous confie-t-il. En 2013, il obtint son Bac pour ensuite s’inscrire à l’institut du journalisme de Ben Aknoun (Alger). Après sa licence en 2016, il réussit à décrocher, en juin dernier, son master en journalisme. Dans ce roman en tamazight, il s’inspire des contes, entendus ici et là, pour imaginer une histoire passionnante mêlant l’opulence, l’amour, la tristesse, l’hypocrisie et parfois la bravoure. Ses personnages subirent de multitudes épreuves qu’il fallait surmonter vaille que vaille. «C’est en lisant cette histoire que le lecteur découvrira qui est cette Rose des maquis. A choisir entre l’amour et l’argent. Je laisserai les lecteurs sur leur faim pour aller jusqu'au dénouement final», nous explique-t-il. Sous son pseudonyme, «Amar Ouali», il livre l’une des plus belles histoires écrites jusque-là, notamment en langue amazighe plaçant les personnages dans un contexte défavorable, souvent hostile, où certains sujets sont tabous. Absorbé aussi bien par la littérature que par la poésie, Fodhil Lounnas a en projet un autre recueil de nouvelles dont le titre est déjà dévoilé «Tuddert d- assirem», (La vie est espoir) qui sortira prochainement. «C’est un recueil de nouvelles réelles et fictives que j’ai élaborées à partir de poèmes que j’ai composés. Ce sera toujours en Tamazight», dit-il encore. Il a à son actif aussi un recueil de poèmes «Tiqit n’ Tafat», écrit en 2007. C’est en 2005 que Fodhil s’est lancé dans cette aventure d’écriture. Si notre romancier ne trouve pas de difficultés pour éditer ses ouvrages, il espère aussi qu’ils soient traduits en langue arabe et en langue française afin d’être lus par un large lectorat. «C’est ma raison de vivre. Je ne peux qu’à aller de l’avant. Un être humain doit marquer sa vie d’une empreinte que les temps n’effacent pas. La vie est un long combat, et l’espoir, toujours permis, nous soutient pour surmonter tous les obstacles», conclut-il.

Amar Ouramdane

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