Par DDK | 15 Aout 2018 | 2409 lecture(s)

BOUIRA - Cinq personnes, dont deux décéderont, admises pour intoxication aiguë

Panique aux urgences de l’hôpital d’Aïn-Bessem

Au moins cinq personnes, issues de deux familles proches et âgées entre 47 et 80 ans, ont été admises au cours de la semaine dernière au niveau de l’hôpital d’Aïn Bessem, pour intoxication alimentaire aiguë.

Selon le docteur Nourdine Ilafi, chef du service des urgences de l’hôpital d’Aïn-Bessem, le premier cas a été admis en date du 7 août dernier, alors que les quatre autres cas ont été transférés au même service le 12 août, soit cinq jours après.

Le premier patient, un homme âgé de 49 ans et issu de la commune voisine de Bir Ghbalou, présentait des symptômes de vomissement et de diarrhée. Trois jours après son admission, ce cas d’intoxication a été accentué par une insuffisance rénale aiguë, ce qui a nécessité une opération de dialyse au niveau du même hôpital.

Ce dernier a été pris en charge au niveau de l’hôpital d’Aïn-Bessem jusqu’à la journée d’hier, durant laquelle il a été transféré vers l’EHS d’El-Ketar. Toujours selon docteur Ilafi, les quatre autres personnes, âgées entre 47 et 80 ans et originaires de la localité de Mrabhia, dans la commune de Raouraoua, présentant les mêmes symptômes, ont été admises à l’hôpital d’Aïn-Bessem durant la journée du 12 dernier. Deux parmi ces derniers, à savoir deux femmes âgées de 74 et 80 ans qui présentaient des cas aggravés d’insuffisance rénale, n’ont pas pu supporter le choc et sont décédées hier matin au niveau de l’hôpital d’Aïn-Bessem.

Les deux personnes restantes ont été transférées, durant la même journée, à l’hôpital spécialisé d’El-Ketar : «Les deux familles ont un lien de parenté. Le premier patient que nous avons reçu a été victime d’une intoxication alimentaire. D’ailleurs, son propre frère a été aussi victime de cette intoxication, mais qui a été pris en charge au niveau de l’hôpital d’El-Azzazia, dans la wilaya de Médéa.

Les derniers patients que nous avons reçus en date du 12 août dernier, présentaient les mêmes symptômes avec des vomissements et des diarrhées en plus d’insuffisance rénale. Nous avons fait le nécessaire à notre niveau, mais malheureusement deux femmes âgées de 74 et 80 ans sont décédées vu leurs âges avancés. Les trois autres cas, nous les avions transférés vers l’hôpital spécialisé en épidémiologie d’El-Katar.

Nous avons procédé à la désinfection des deux salles en plus de la salle d’observation où se trouvaient ces patients. L’enquête épidémiologique lancée par le service de prévention de l’EPSP d’Aïn-Bessem déterminera les causes et l’origine de cette intoxication», a précisé le même responsable.

Pour sa part, le directeur de l’hôpital d’Aïn-Bessem, M. Djamel Latreche, a tenu à rassurer l’opinion public, et surtout à démentir les informations publiées sur les réseaux sociaux et relayées par certains médias, faisant état de la présence d’un «virus ou d’une maladie contagieuse» à l’intérieur du bloc des urgences de l’hôpital : «Certaines pages sur Facebook ont même parlé de cas de choléra, alors qu’on réalité, nous n’avons reçu que des patients que nous avions pris en charge au niveau du bloc des urgences, qui est complètement désinfecté et continue à assurer le service le plus normalement du monde. Il s’agit de cas d’intoxications alimentaires qui se sont aggravés. L’origine serait probablement hydrique ou alimentaire. L’enquête sanitaire déterminera en tout cas les véritables raisons de ces cas», a-t-il affirmé, avant d’assurer que l’enquête épidémiologique suit toujours son cours et des échantillons d’eau ont été relevés au niveau d’un puits alimentant en eau l’une des deux familles touchées, au niveau de Raouraoua.

Par ailleurs, une cellule de crise a été installée pour suivre ce dossier au niveau de la daïra de Bir Ghbalou, alors que le procureur de la République auprès du tribunal d’Aïn-Bessem a ordonné l’ouverture d’une enquête. De leur côté, les services de l’ADE d’Aïn-Bessem, dont relève la gestion de la daïra de Bir Ghbalou, nous ont assuré que l’eau fournie pour ces localités ne souffre d’aucun problème et des analyses ont été déjà effectuées au niveau de Bir Ghbalou et de Raouraoua et les résultats étaient négatifs.

Oussama Khitouche

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