Par DDK | 9 Avril 2005 | 305 lecture(s)
Priorité aux réformes des mentalités
En dépit d’une bonne santé financière enregistrée par les banques publiques, dont le portefeuille est évalué aujourd’hui, selon le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à 10 milliards de dollars, les réformes bancaires n’arrivent toujours pas à voir le jour. Une somme importante qui sommeille dans les caisses de l’Etat au moment où les investisseurs nationaux attendent des prêts. Les lenteurs administratives, les complications des procédures d’accès au crédit entravent sérieusement les réformes. Le chef de l’Etat s’est révolté ainsi dans son dernier discours adressé à la nation, contre les dirigeants de ce secteur qui n’arrivent toujours pas à suivre les programmes économiques engagés depuis 2000. "Il n’y a pas de réformes", a-t-il constaté en suggérant qu’ "il faut absolument sortir des théories toutes faites. Elles doivent être adaptées à notre réalité". Il est clair que dans un environnement économique encore gangrené par la corruption, il est difficile d’imposer un quelconque changement. Les banques qui se fixent des taux d’intérêt importants variant entre 6 et 7% devront soutenir l’investissement puisqu’elles sont affectées d’une surliquidité financière. La volatilité des revenus de l’Etat durant 5 années successives provenant des hydrocarbures ne se traduit pas sur le terrain. Les banque publiques telles la BNA ou la BDL qui mettent 2 à 6 mois et parfois plus pour délivrer un chéquier à un simple client après l’ouverture d’un compte bancaire, ne sont encore pas en mesure d’accompagner un programme économique décent.Les dispositifs ANSEJ, Cnac-chômage ou celui relatif à l’agriculture dans le cadre du PNDA, n’ont toujours pas été satisfaits en matière de financement puisque les institutions financières se couvrent d’un maximum de garantie pour accorder un prêt et fixer son barème de taux d’intérêt au plus haut niveau, ce qui bloque en quelque sorte les demandes. Beaucoup de demandes se trouvent bloquées au niveau des banques qui refusent à ce jour d’accorder un crédit. Le Président a invité à cet effet nos institutions financières à réduire le taux d’intérêt à l’investissement de 3 ou 4%, même si le risque de faire augmenter l’inflation se fait sentir. Concernant le logement, et plus précisément le projet AADL, il nous a été révélé que l’arrêt des projets lancés en 2001 était dû au fait que l’Etat refusait de payer les entreprises. Peu d’entreprises privées algériennes de travaux publics avaient soumissionné pour la réalisation des projets AADL. Pour la plupart, elles appréhendaient le non-paiement des banques car les créances impayées de l’Etat leur a valu la faillite. Il faut dire que la position financière forte des banques devrait créer d’excellentes conditions pour l’application des réformes, notamment l’accélération du processus de privatisation des 1200 entreprises. Un projet toujours en gestation puisqu’il avance très lentement.Enfin, l’on s’interroge s’il ne fallait pas d’abord commencer par la réforme des mentalités ou l’assainissement des ressources humaines et à ce moment-là le reste suivra ? Un quelconque changement devrait passer d’abord par le changement des comportements.
Sabrina Bouras






