Par DDK | 29 Aout 2005 | 1160 lecture(s)

L’hôpital sera régional en 2008

Cette élévation de statut est à même d’assurer l’accessibilité et l’équité dans les soins pour toutes les couches sociales. Elle renforcera la gratuité des soins pour les personnes démunies. Le mode contractuel, qui sera projeté avec les organismes assureurs — CNAS, CASNOS — et autres boites d’assurance — SAAA, CAAT… —, contribuera aussi dans la prise en charge financière des malades ayant contracté des assurances. La réhabilitation du CHU dans ses missions de soins spécialisés, de formation et de recherche engage des sommes considérables atteignant les 140 milliards de centimes annuellement.Les deux unités hospitalières, Nedir et Belloua, assurent trente spécialités médicales dont la plupart à vocation régionale. Ce qui classe, dores et déjà, l’établissement dans cette mission malgré quelques lacunes qui touchent pas mal de services. Des tares qui ne sont pas sans créer des désagréments aux patients, notamment au niveau de l’ophtalmologie, où le laisser-aller est flagrant.Interrogé à ce sujet, le directeur général du CHU avoue que des mesures coercitives ont été déjà prises à l’encontre d’un spécialiste de ce service qui est mis à la disposition du ministère de la Santé.

Plus de transfert de maladesLe plan quinquennal engagé depuis 2003 pour la réforme et la réhabilitation de l’hôpital de Tizi-ouzou devra mettre un terme au transfert des malades vers d’autres hôpitaux, notamment ceux de l’Algérois. Il s’agit surtout des malades nécessitant des interventions chirurgicales lourdes tels les cancéreux, et les cardiaques. Quoique l’ouverture d’un bloc opératoire encologique ultra-moderne soit prévue pour le mois d’octobre au Belloua, quelques petites interventions ainsi que des séances de chimiothérapie commencent à être exercées sur le même site. Le projet aura coûté 20 millions de dinars pour uniquement l’acquisition des équipements. Il pourra bénéficier, selon les promesses du ministre, M. Tou, d’aides financières conséquentes à l’effet d’augmenter ses capacités. Il va sans dire à ce sujet que la Kabylie est classée région à fort taux de cancéreux colorectaux. L’importance de la transition épidémiologique qui touche le pays, notamment les maladies cardio-vasculaires, le développement de l’activité cardiologique est également imposée dans la politique de réforme hospitalière. Ainsi, le CHU Nedir a bénéficié d’équipements sophistiqués installés dans un nouveau service qui devra être réceptionné le mois prochain intégrant les soins intensifs en cardiologie.La réanimation est renforcée par 12 lits supplémentaires fonctionnels depuis la mi- août. Le même nombre de lits est affecté aux soins intensifs et 7 lits pour la réanimation chirurgicale. 18 postes de dialyse, fonctionnels en trois séances pour les insuffisants rénaux, sera réceptionné le 8 septembre prochain. Pour la même date, le CHU sera doté d’un plateau technique pour la microbiologie. Quand au bloc d’urologie, retapé à neuf, il sera réouvert dans deux mois avec deux salles opératoires et le maintien du nombre de lits (40). La nouvelle pédiatrie a bénéficié de 20 nouveaux lits dans ce programme de réhabilitation ainsi que la réception de plusieurs berceaux dans les prochains jours. L’enveloppe allouée à l’hôpital de Tizi-ouzou a également intégré le programme de réfection de quatre blocs opératoires et de quatre services au Belloua. Il s’agit de la dermatologie, rhumatologie, ORL et ophtalmologie.

Une organisation à réformerLe dysfonctionnement ayant touché dans un passé assez récent le CHU de Tizi-ouzou a failli créer un soulèvement des citoyens de certains quartiers de la ville. L’épisode ayant suivi la mort d’un jeune patient est l’illustration du malaise qui frappe cet hôpital. La dernière tournée du ministre de tutelle dans les différents secteurs sanitaires de la wilaya a permis de détecter ces tares. Abondant dans ce sujet, le DG du CHU a précisé que la réforme engagée par l’Etat a inclus l’urgence de réformer la discipline et le mode d’organisation dans les milieux hospitaliers.Ainsi, le Dr Mansouri estime que le rétablissement de l’organisation passe par tous les instruments de fonctionnement allant de la continuité et la coordination des différents services à la disponibilité médicale et le renforcement des gardes dans toutes les spécialités. Cette démarche nécessite, selon notre interlocuteurs, le recrutement de pas moins de 30 nouveaux médecins spécialistes, en radiologie et réanimation entre autres. Une demande qui devra connaître une suite auprès de la tutelle. Actuellement, le CHU emploie prés de 2000 personnes dont 200 médecins spécialistes, 9 professeurs en médecine, 70 généralistes, 90 résidents et 300 internes. Les contraintes auxquelles fait face le CHU sont essentiellement liées au dysfonctionnement de certaines structures de base implantées au niveau des huit secteurs sanitaires, ce qui engendre des afflux interminables de malades vers cet hôpital. Le service d’aide médicale d’urgence (SAMU) équipé de quatre ambulances neuves pourra connaître une mutation dans son champ d’intervention pour pouvoir atteindre les localités éloignées de la région. Cette opération, qui verra le changement de statut du SAMU vers le SMUR (service de médecine et d’urgence régionale), devra être menée en collaboration avec la DSP, a-t-on également appris auprès du DG.

M. A. T.

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