Depuis le début de la semaine, retirer son salaire ou sa pension est devenu très difficile.
Au niveau des différents bureaux de poste du sud de la wilaya de Tizi-Ouzou, la donne est identique : les clients d’Algérie poste sont scandalisés et médusés. D’Aït Abdelmoumène à Ouadhias en passant par Souk El Tenine, Maâtkas, Mechtras, et Tizi N’Tléta, les postes sont pour la plupart à sec. A Aït Abdelmoumène, les gens font la chaîne en dépit de l’indisponibilité de l’argent. La poste n’a rien reçu depuis plus de 3 jours. A Souk El Tenine, aucun sou n’est dans les caisses. Dans la matinée, la chaîne était monstrueuse, ce qui a fait disparaître les quelques billets disponibles. A 10h30, la guichetière annonce la sentence : «Il n’y a plus d’argent !». Les clients râlent mais ne peuvent rien faire sinon aller voir ailleurs. Une Moudjahida venue retirer sa pension tonnera : «Je suis là depuis ce matin. Il est 16h30, donc l’heure de fermeture et je n’ai pas encore retiré ma pension. C’est inacceptable ! Est-il de mon âge de faire la chaine toute une journée et repartir bredouille ? Sous d’autres cieux, on serait traité d’une autre manière». A Mechtras, la guichetière, très gênée, dira : «Nous n’avons aucun sou malheureusement». La poste d’Aït Imghour, une agence qui a habitué ses clients à mieux, n’a pas dérogé à la règle cette fois. «Désolé revenez demain ou un autre jour». A Tizi N’Tléta et Ouadhias, les caisses sont vides. A Boghni enfin, l’argent est disponible et les retraits ne sont pas limités, mais trois longues files d’attente s’allongent. Un retraité que nous avons abordé à ce sujet reconnaîtra : «J’ai fait le tour de toutes les postes de la région, je n’ai pas pu retirer ma pension. Certaines postes n’ont pas d’argent, d’autre en ont mais les déconnexions du réseau sont fréquentes. Ici, même si le nombre de clients est important, les trois guichets fonctionnent normalement. La discipline et l’ordre sont bien assurés». Une source proche d’Algérie Poste indiquera à propos de cette rareté : «Les virements des salaires des enseignants, des retraités, des Moudjahiddines, des communaux et des différents rappels ont fait que les liquidités viennent à manquer». De toutes les manières, les usagers d’Algérie Poste sont sérieusement malmenés ces jours si. Cette instance et les différents organismes employeurs doivent à tout prix trouver une solution à cette fâcheuse situation qui tend à se répéter à chaque occasion.
Les deux bureaux de Boudjima à sec
Durant ces derniers jours, les citoyens de la commune de Boudjima particulièrement les usagers des chèques CCP, font face à une crise de manque de liquidités dans les deux bureaux de poste du chef-lieu
Communal et du village Agni Ufkus. Cela à cause de l’insuffisance des recettes desservies pour ces deux bureaux, en plus de la grande affluence des citoyens, notamment en cette période où la plupart des fonctionnaires retirent leurs revenus mensuels. De plus, les deux agences de Boudjima sont exigües avec, pour chacune, un seul guichet pour faire face à l’influence de plus en plus forte des usagers.
Par conséquent, elles servent de petites recettes et ne peuvent pas satisfaire tous les clients. «Je ne suis pas doué en économie, mais je pense que ce manque de liquidité au bureau de poste s’explique par le fait que l’Etat est en train d’appliquer une politique monétaire dans le but de limiter la circulation de la monnaie sur le marché dans l’objectif de réduire le taux d’inflation», expliquera un citoyen.
Devant cette situation, les usagers du compte CCP sont contraints de se rendre vers d’autres localités, à l’instar de Tigzirt pour faire des retraits.
H. T. et R. Arkam

