Par DDK | 2 Novembre 2005 | 571 lecture(s)
Ces bienfaiteurs anonymes
Il est un peu plus de 18h 30. L’imam de la mosquée, la sonorisation aidant, lance son appel à la prière et à la rupture du jeûne. Une pluie fine commence à tomber. Quelquesvéhicules retardataires “presque” seuls sur la route, appuient sur le champignon afin de gagner quelques minutes. Inutile de faire du stop. En plein centre de la ville on n’hésite pas à enclencher la 4ème vitesse, la route étant déserte. Les commerçants ont baissé rideau et les cafés n’ont pas encore ouvert. Seul un petit restaurant demeure ouvert. Une trentaine de personnes, tous âges confondus sont attablés. Alors que les serveurs s’empressent de déposer devant les clients une chorba toute fumante, afin de pouvoir eux-mêmes interrompre le jeûne, sous un fond musical à forte connotation religieuse d’une chanson de Slimane Azem “wayak a yul iw outoub”.Après la chorba, un plat de résistance est servi. Au premier étage du petit restaurant, en fait une sorte de soupente, les tables ne désemplissent pas. Il s’agit d’une entreprise nationale qui a conventionné ses employés avec ce restaurant. Le menu n’est pas le même. Le repas terminé, je m’adresse à la caisse pour m’acquitter du prix de ma chorba et des pommes de terre sautées que j’ai mangées. Le responsable d’un geste me fait comprendre que je n’ai rien à payer. Je sors, non sans avoir oublié de remercier le donateur anonyme qui a atténué d’un brin la misère des dizaines de personnes qui rompent le jeûne au “restaurant du coin”. Le ramadhan tire à sa fin. Même s’il a été le plus clément de cette décennie en matière de prix des fruits et légumes relativement abordables, il reste aux parents une autre épreuve inévitable puisqu’elle touche les chérubins qu’il convient de vêtir et chausser convenablement. Les prix différent d’un magasin à l’autre. Plus malheureux sont les pères de familles nombreuses qui ne savent plus comment satisfaire des enfants de plus en plus exigeants en matière de marque et de prix. Plus le prix est jugé raisonnable par le parent désemparé, plus les enfants rechignent. Drôle d’époque où le prix de la viande blanche plus accessible jadis que la rouge est atteint d’une grippe venue de loin, de pays qui ne partagent pas nos frontières. Heureusement qu’il y a la viande brésilienne. Elle est bien bonne la viande brésilienne, même si elle n’est pas fraîche.
M. Ouaneche






