Par DDK | 3 Avril 2005 | 164 lecture(s)

Du legs du colonialisme à l’instrument de développement

Des gens qui se sont longtemps érigés en protecteurs des «constantes» et des «valeurs» nationales, ont longtemps considéré la langue française comme un legs du colonialisme, oubliant que cette langue, récupérée par les Algériens, notamment des gens dont on ne pouvait douter du nationalisme ni de l'engagement pour la libération de I’Algérie a servi à défendre la cause nationale puis à produire une littérature et des œuvres culturelles, aujourd’hui reconnues dans le monde. Ni Mohammed Dib, ni Mouloud Mammeri, ni Kateb Yacine, ni encore Rachid Mimouni ne sont des legs du colonialisme. Et les Algériens qui, aujourd’hui produisent ou travaillent en français n’ont pas, non plus, la conscience d’être des «legs» du colonialisme, tout comme les Libanais, les Egyptiens ou les Sénégalais qui écrivent et pensent dans la langue de Molière et de PascaI. Se dire francophone, se revendiquer de la francophonie ne remet pas du tout en cause les identités nationales, arabes, africaines ou berbères. La francophonie est avant tout un espace culturel où des gens d’origines diverses, partageant une langue, communiquent entre eux et avec le monde. La francophonie ou, pour évoquer la structure qui réunit les pays de la francophonie, est également un espace économique dont les membres, à l’instar de ceux des pays anglophones, jouissent d’avantages divers. Et l’un des plus grands avantages accordés ces dernières années, aux pays africains, a été l’effacement de la dette extérieure. Un avantage dont l’Algérie n’a pas profité, par la faute de ceux qui, sous le prétexte que le français est un «legs» du colonialisme, lui ont interdit l’entrée dans la francophonie !

S. Aït Larba

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