Les moissonneuses batteuses se préparent

Depuis quelques jours, alors que les champs de céréales font onduler leurs blondes crinières, chez les propriétaires de moissonneuses batteuses, c’est le branle-bas de combat ou la veillée d’armes. « Nous devons préparer nos machines qui doivent affronter en un temps très court et sans répit, plusieurs hectares, d’autant plus que les céréaliculteurs sont très impatients de faire la moisson car ils ont toujours la peur au ventre de perdre à tout moment leur récolte soit par le feu soit par le mauvais temps qui risque de se déclarer à tout instant », nous déclare Si Amar. Debout devant ce mastodonte tout d’acier, de couleur verte, Rabah, un jeune homme de 35 ans nous présente fièrement sa machine qui semble sortir de l’usine alors qu’elle a déjà avalé plusieurs centaines d’hectares. « Quand j’ai passé mon examen de sixième, en conjugaison, nous avions à mettre au futur « la moissonneuse batteuse s’avance pour couper les épis de blé », vous savez, j’ai écrit : « La moissonneuse batteusera s’avance pour couper les épis ». Nous rîmes tous de bon cœur, surtout que lorsque notre interlocuteur fit l’acquisition de cette machine, il la baptisa « La moissonneusera ». Par ailleurs, réputée pour être la première zone céréalière de la wilaya de Tizi Ouzou avec 3 500 hectares, les céréaliculteurs de Drâa El Mizan ne résistent plus à porter ce lourd fardeau. « Nous nous sommes déjà confiés à La dépêche de Kabylie au début de la campagne des semences, et nous avons cité tous les problèmes que nous rencontrons. D’ailleurs, la semaine passée, nous avons rencontré les membres de la commission du ministère de l’Agriculture à Aïn Zaouia à qui nous avons dit la même chose », nous déclare ce céréaliculteur qui ajoute qu’en ce qui concerne les rendements pour cette année, ils seront juste moyens à cause de la pluviométrie qui n’avait pas été clémente, notamment aux mois de mars et avril. Par ailleurs, au cours d’une randonnée effectuée en compagnie de notre confrère Amar Ouramdane, les fellahs n’ont pas hésité à recruter des gardiens non pas contre les voleurs, mais contre la menace des sangliers qui saccagent tout, à chacune de leurs incursions.

E. N. K.