Ces engins qui dérangent…

Venus directement d’outre-mer, ramenés par nos cousins de Besançon ou par nos camarades les gones de Lyon ou de Saint Etienne, les terribles machines pétant le feu, vrombissant à tout bout de champ, et qu’on appelle les quads, ont fait leur apparition, cet été, sur les pistes et routes de quelques villages de la commune. Ces engins montés sur quatre roues d’une cylindrée de 250 ou 350 cm3, d’où le nom justement qui n’est qu’une abréviation de « quadruplé », sont des mécaniques réservées au cross et à l’escalade en haute montagne. Malgré l’interdiction de circuler avec ce genre de cyclomoteur en ville, nos amis fraîchement débarqués au bled s’amusent à faire vrombir leurs moteurs et à effectuer des allers et retours incessants au milieu des gens et sur la route nationale à une vitesse vertigineuse. Poussant la frime à son paroxysme, ces intrépides en mal de sensation, sillonnent les rues à des heures très tardives, empêchant le sommeil des gens qui commencent à appréhender les vacances synonymes pour eux non pas de repos mais de nuisances. Sur leur passage, souvent en groupe, pour mieux impressionner, les enfants se faufilent entre divers obstacles de peur d’être écrasés par ces lourdes machines et les vieux se remémorent le bruit des B52 et des MIG qu’on utilisaient durant la guerre. Pour le moment, hormis quelques timides mises en garde, personne n’a osé leur signifier l’interdiction de circuler ni le danger qu’ils font courir à la vie des gens. Certes, pour réagir et agir, on attend qu’un accident grave se produise mais ce jour-là, il sera… trop tard. En attendant, vogue la galère tonton et prend ton mal en patience, car l’automne approche !

A. M. Arezki