Devant le mutisme des autorités saisies à maintes reprises dans le passé par les habitants de la commune pour nettoyer le village de toutes ces péripatéticiennes qui déambulent dehors dans des tenues parfois trop légères, quelque quatre-vingt jeunes du centre-ville de Tichy à l’appel de l’association « Tafath » sont venus ce lundi fermer la route nationale pour demander à être reçus par le chef de daïra en personne. Ne voulant aucunement parler avec le maire, il aura fallu un forcing et des slogans hostiles à tout ce qui est autorité, pour que le chef de daïra accepte de recevoir une délégation de ces jeunes décidés à en découdre une fois pour toutes avec ce fléau qui ronge la société tichiçoise. Très à l’écoute des doléances de ces jeunes qu’il a accepté de recevoir, il les a rassurés en leur promettant de faire le nécessaire dans le cadre de la loi. Au sortir de cette rencontre qui a duré près d’une heure trente, un véhicule de service de la daïra a été mis à la disposition de cette délégation, direction la sûreté de la wilaya où elle a été reçue durant une heure par le chef de la sûreté en personne qui a promis lui aussi de mettre de l’ordre. Soulignons qu’un incident a failli se produire sur l’esplanade de la mairie au moment où le maire a tenté une incursion parmi ces jeunes pour essayer de leur parler : il (le maire) a été accueilli par des propos à la limite de la décence et traité de tous les noms. Rappelons que le village compte pas moins de dix-huit bars et autres débits de boissons, (un record en Algérie certainement). Quelques 6000 filles ont transité par le village en 2004, elles sont près de 300 à y vivre en permanence avec une progéniture née sous X. C’est toute cette société noctambule qui engendre tous les fléaux. La population adulte qui apparemment trouve son compte, se mure dans un silence complice et grave. Les résidences secondaires des bourgeoisies de banlieue et d’ailleurs sont louées à ces filles de joie de plus en plus jeunes. Certaines ne dépassent pas les quinze années, les hôtels-bars affichent complet. Dans les dancings des millions de dinars changent de main chaque nuit et des hectolitres de bière sont consommés. Une virée de nuit du côté des Palmiers nous éclaire sur la déliquescence de la société. Pas facile d’assainir un village quand ceux qui peuvent le faire se plaisent dans ce « bordelisme ». Le salut viendra peut-être de cette jeunesse qui monte.
A. M.
