Comme on dit « ansi mekkigh à larbâa, dhassawwn », sommes-nous tentés de dire car pour aller à Aïn El Hammam, quelle que soit notre provenance, plus que les plaques d’indication, ce sont les décharges publiques qui nous informent de notre arrivée. De Larbaâ Nath Irathen, en pleine route nationale n°15, juste après Aït Sidi Ahmed, vous êtes « assaillis » par des tas d’immondices de la décharge communale qui jonchent la chaussée. Souvent le passage est obstrué, contraignant les automobilistes à s’arrêter pour céder le passage à ceux qui viennent en sens inverse. Les véhicules de la voirie ainsi que les particuliers se débarrassent de leurs « cargaisons » sur l’accotement, souvent, à même l’asphalte alors qu’ils ont la possibilité de jeter leurs ordures en contrebas, loin de la vue. Lorsqu’il arrive qu’on envoie une pelle mécanique pour libérer la route et qu’on mette le feu à la décharge, c’est toute la région, et en particulier, Aït Sidi Ahmed et Agemoun Izem qui étouffent sous un nuage de fumée, rendant la visibilité nulle pour les automobilistes de passage, et incommodant les riverains. Quant à la source, toute proche, dont l’eau était, jadis, prisée par les voyageurs et les habitants des alentours, elle est maintenant boudée, vu l’ambiance putride qui y règne. Il y a quelques jours, c’est le cadavre d’un mouton qui y a été déposé. Les visiteurs qui préfèrent la route de Mekla, ont droit eux aussi, comme ceux qui viennent par la montagne, d’ailleurs, à ce paysage « pittoresque », des temps modernes. Ne peut-on vraiment rien faire pour éloigner de la vue, ces dépotoirs et les implanter ailleurs qu’au bord des routes ? Les quartiers de la ville ne sont pas épargnés, et reçoivent chacun son lot quotidien de détritus, à l’image de la cité des 24 logements dont les habitants ne cessent de se plaindre des poubelles déposées, à l’entrée de la cité, en pleine rue colonel Amirouche, à côté… de la stèle de « Amar Ath Chikh ». Prévus, à l’origine pour les habitants du quartier, ces récipients, débordent d’ordures qu’ils reçoivent aussi des villageois qui arrivent à Michlet, par l’entrée Est. Inutile de préciser tous les désagréments que subissent les habitants de cette partie de la ville. Plusieurs réclamations ont été adressées aux autorités par les habitants de la cité concernée sans qu’aucune n’ait eu l’écho escompté, jusqu’à présent. Les associations écologiques ne cessent d’attirer l’attention sur les risques de maladies ainsi que sur l’influence de ces décharges sur l’environnement, mais en vain. Nous terminerons par cette phrase d’un jeune activant dans un club écologiste : « Je rêve du jour où je sentirai l’odeur des fleurs, en admirant le coucher du soleil sur le Djurdjura, sans avoir les pieds sur les sachets gluants ».
Nacer B.
