Par DDK | 25 Juin 2005 | 3741 lecture(s)

La zaouïa de Sidi Yahia Al Aïdli revisitée

Tamokra, cette contrée sud-est de la wilaya de Béjaia est si fière et orgueilleuse de sa merveille, la Zaouïa Sidi Yahia El Aïdli qui inspire aux visiteurs et aux villageois respect et dévouement de par le rôle joué dans l’ensemencement de la culture de l’islam dans la région. Celle-ci fait jonction avec un autre patrimoine sanitaire et touristique, la station thermale aux vertus diverses. Ce deux sites dont la réputation dépasse la région ont été fondés au 9e siècle au temps de la présence des Grecs par un homme hors du commun, Sidi Yahia El Aïdli, venu de Oued Dhahab du Sahara Occidental pour élire domicile dans cette région.Ce lundi 20/06/2005, elle a reçu une imposante délégation composés d’officiels de l’Etat à l’image des walis de Béjaïa et Bordj Bou Arréridj, d’Amara Benyounes, chef de parti, d’ex-ministres comme Said Chibane et Tahar Bouzghoub et d’importantes personnalités religieuses et historiques comme Chérif Mohamed Tahar Ait Aldjet, Mohamed Chérif Gacher, Abdelhafid Amokrane et tant d’autres, tous venus rendre hommage à un monument religieux des plus illustres et à son fondateur.C’est au café-maure du Hammam Sidi Yahia qui se trouve tout près de la route qu’y mène à la zaouïa, distante seulement de 11 kms de celle-ci, que nous avons appris que Tamokra organise ce jour-là une grande fête avec l’invitation des invités de marque venus visiter cette citadelle inexpugnable qu’on nous a montrée du doigt, de très loin, laquelle n’a pas manqué d’attirer toute notre attention par ce décor qui l’entoure, fait de pinèdes, de végétation broussailleuse et de vergers d’oliviers et de figuiers, auxquels s’ajoutent des fanions tricolores et de guirlandes retraçant l’histoire de la région et les œuvres du Cheikh.La route que nous avons empruntée est taillée à même les rocs d’une colline et serpente en pente raide jusqu’à l’oued Boussellam que traverse un pont neuf carrossable, celui en fer laissé par la colonisation, bien que tenant le coup encore, est utilisé uniquement pour la traversée à pied ou à mulet. Dans l’oued, des ronces et des lauriers-roses faisant barrières sur les rives, résistent encore aux torrents des eaux insolents de l’oued. De là, commence une ascension sur près de huit kilomètres. La route large est d’une propreté éclatante, pas de canettes de bière, ni détritus quelconque, comme si tout a été préparé. A mesure qu’on progresse, nous découvrons ce que la nature a façonné comme beauté sauvage incomparable, paradis de l’escapade que de l’escalade.Par endroit, les terres bien travaillées,bien que dominées par l’arboriculture locale, certains parcelles dont le relief légèrement accidenté sont cultivées de céréales aux épis sont chétifs, une variété adaptée en zones de montagnes. En cours de route des véhicules et des pèlerins convergeaient vers le lieu des festivités pour être de la partie à l’hommage qui sera rendu à la localité et au Cheikh, Sidi Yahia El Aïdli.C’est au détour d’un virage anodin, aux abords de la route menant au village Tamokra, plus précisément au lieu dit Chréa que jaillit l’imposante zaouïa qui ne manque pas d’incarnation et de beauté ou flâne encore l’ombre de son béni créateur, Sidi Yahia Aïdal, un homme religieux qui a fait d’elle, l’école coranique la plus illustre dans la région où sont enseignées les sciences islamiques à des étudiants en théologie venant de partout. Perchée sur une crête d’une montagne, dominant les collines engorgées de canyons, les vallées, les localités ardentes entourées de végétation qui font d’elles des sites d’une beauté inégalable. Ce qui dépayse la vue et impressionne l’esprit, c’est le flanc sud de la montagne d’Achtoug visible de loin, tachée d’une verdure que stimule le soleil doux de ces si belles journées de printemps.

L. Beddar

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