Mini-décharge publique dans le périmètre urbain

La rive de l’oued Sébaou qui constitue la limite naturelle à l’expansion de la ville de Baghlia, chef-lieu de daïra dans la wilaya de Boumerdès, et qui abrite aussi, sur son étroite bande de terre, le marché hebdomadaire de lundi, tend malheureusement à devenir au fil du temps une véritable décharge publique dans le périmètre urbain.

En effet, les rejets des commerçants se composant de quintaux de fruits et légumes avariés ainsi que des restes de tripes et d’ossements des animaux abattus pour les besoins de la boucherie domestique et des amas de plumes de volailles jetés par les aviculteurs et les vendeurs de poulets ambulants présents sur les lieux tous les jours de la semaine, ne cessent de prendre du volume et l’allure d’une véritable décharge publique sauvage.

Ceci à cause du comportement regrettable et peu écologique des professionnels des abattoirs de volailles foisonnant dans la région ainsi que celui des commerçants et des résidants riverains indélicats qui déversent sans retenue leurs sacs de rejets. Ils grossissent ainsi de jour en jour les monticules d’ordures déjà énormes et inesthétiques au bas de chez eux. Par ailleurs, cette situation des plus regrettables fait le bonheur des chats et chiens errants et affamés qui rodent à la recherche de quoi se mettre sous la dent. De leur côté, les nouveaux constructeurs ne se gênent pas non plus pour ajouter, en toute impunité, leurs tonnes de gravats et de terreaux dans le lit de l’oued ou sur la bande de terre de quelques dizaines de mètres de largeur.

Notons également que malgré tous ces rejets présents dans tous les coins et recoins de façon ostentatoire, la réaction énergique des autorités se fait toujours attendre pour mettre fin à la pollution du périmètre urbain. Lors de notre virée sur les lieux, nous n’avons relevé aucune plaque de sensibilisation sur la protection de l’environnement par exemple. Le phénomène est bel et bien adapté chez la population aussi.

Dans un autre registre, il est utile d’ajouter que l’abattage de volailles par les vendeurs ambulants, à proximité de la place du marché, se fait dans des conditions sanitaires douteuses, loin de l’inspection vétérinaire mais au vu et au su de tout le monde, la population comme les autorités locales. Car, les lieux d’abattage se situent seulement à quelques mètres des sièges de l’APC et de la daira.

Enfin, en principe quelle que soit la situation économique d’une collectivité, les autorités ne doivent pas tolérer un tel écart en matière d’hygiène qui pourra s’avérer un jour catastrophique pour la santé de leurs sujets.

G. M.