Par S.O.A | 14 Juillet 2012 | 1727 lecture(s)

Tikjda et les rives des barrages pour se rafraîchir

Les bons refuges d’été à Bouira

Dès son entame, l’été a exceptionnellement dilaté le mercure, jusqu’à avoisiner les 40°.

A ces grandes chaleurs, s’associe l’humidité générée par les trois barrages (Oued Lekhal, Talesdit et Koudiat Aserdoune) et autres retenues d’eau que compte la wilaya. Ce qui rend l’été encore plus insupportable et oblige le citoyen à aller à la recherche d’endroits cléments. A ce propos, les plus ciblés et les moins coûteux à Bouira sont, sans aucun doute, les hauteurs de Tikjda et les rives du barrage Tilesdit, dans la daïra de Bechoul et du barrage Oued Lekhal, dans la daïra d’Ain Bessam. Seulement, ces deux espaces ne sont, pour ainsi dire, fréquentables qu’à partir d’une baisse sensible de la température. « Je ne m’y aventure qu’après 18 heures », nous dit Abderahmane, un passionné de la pêche qui a quasiment élu domicile au barrage Oued Lekhal, au sud-est de la commune de Ain Bessam. Les rives de ce barrage n’accueillent pas que des mordus de la pêche. Des familles en quête de fraicheur y viennent passer quelques temps. Le barrage de Tilesdit, dans la daïra de Bechloul, à l’est de Bouira, connaît une affluence encore plus importante. Les Ait Yala (El Esnam, Ahnif, Bechloul), les riverains du barrage, voire les populations de daïras voisines, ne se font pas prier pour y aller et profiter d’un véritable microclimat généré par l’impact du barrage sur l’environnement immédiat. A Tilesdit, on ne vient pas que pour pêcher. Des familles, et elles sont nombreuses, s’accaparent tous les coins et recoins ombragés. Elles papotent autour d’une nappe bien garnie, pendant que les enfants courent dans tous les sens. « J’y viens tout au long de l’année pour pécher. Mais depuis le début de l’été, j’y viens quasiment tous les soirs en famille. L’espace est agréable, en plus nous y retrouvons des amis », nous dit Hocine, un quadragénaire habitant la localité d’El Esnam.
Au niveau du chef-lieu de la wilaya, Errich, un espace boisé et en cours d’aménagement est autre destination prisée, tout particulièrement, par les adeptes du jogging. Des familles y organisent même des pique-niques.

Tikjda, la destination féerique

L’autre destination « moins coûteuse » est Tikjda, à une trentaine de kilomètres au nord du chef-lieu de la wilaya. Contrairement aux barrages où l’on se rend qu’une fois que la température a considérablement baissé, les espaces que propose Tikjda sont accueillants à n’importe quelle heure de la journée. Seulement pour s’y rendre, il faut être véhiculé. Autrement dit, la majorité des citoyens ne profitent qu’exceptionnellement du bien-être qu’offre le site. Cela étant, il est toujours possible de louer un fourgon, au niveau de Haizer ou au niveau de l’aire de stationnement qui lui est réservée à Bouira. La destination reste relativement accessible. Deux espaces sont particulièrement pris d’assaut : Aswel que se partagent la wilaya de Tizi-Ouzou et la wilaya de Bouira et les espaces aménagés pour pique-nique, tout près de l’hôtel. Ce dernier, bien qu’affichant complet pendant cette période de l’année, n’est occupé que par des citoyens nantis. Ceci dit, ce ne sont pas les commodités modernes que recherchent les visiteurs de Tikjda. La surface aménagée à un jet de pierre de l’hôtel ne désemplit pas, des familles y venant avec leurs sacs de pique-niques, passer une bonne partie de la journée. Les enfants sont tout particulièrement ravis par la présence des magots. Habitués à être nourris par les citoyens, ces singes sont en passe d’être « domestiqués ». Ils ne fuient pas l’homme, ils accourent vers lui. Et cela fait, bien entendu, le bonheur des enfants qui s’amusent à partager leurs biscuits avec les bipèdes. Aswel est l’autre site enregistrant une affluence très importante. On n’y vient pas seulement de la wilaya de Bouira, mais également de Beni Yeni, Ouacifs et Tasaft. Des deux côtés du bitume, débouchant sur Ouacifs et Iboudraren, des fourgonnettes aménagées proposent des sandwichs. Encore plus inspirés, les propriétaires d’autres fourgonnettes se sont équipés de groupes électrogènes. Ainsi, eau minérale et soda frais sont accessibles là où pas un poteau de SONELGAZ ne « sévit ». Les familles les plus habituées ne prêtent aucun intérêt aux fourgonnettes. Elles y viennent avec leurs victuailles, préparées maison, pour s’installer autour du terrain d’athlétisme ou en face, sur la plateforme verdoyante, pas loin du célèbre puits « Anu ». D’autres pèlerins, les plus avisés, préfèrent les randonnées pédestres sur des itinéraires destinés à la randonnée. Certains comportement sont néanmoins à déplorer. L’incivisme que l’on constate dans les zones urbaines est réitéré à Tikjda. Beaucoup de citoyens n’ont toujours pas acquis le réflexe de ramasser leurs déchets. Du coup, les espaces boisés et aménagés pour pique-niquer deviennent de véritables dépotoirs. Autre point noir qui agace plus d’un citoyen : « le parking ! ». En effet, des jeunes, s’appropriant le bitume, se pointent, à la vitre de votre véhicule avant même que vous n’éteigniez le moteur, pour vous réclamer cinquante dinars.

La plage pour 200 dinars

La grande bleue est sans doute la plus recherchée. Seulement, les frais qu’une virée au littoral suppose ne sont pas à la portée de toutes les familles : frais de transport et de la restauration, location de parasols, accès à la plage… sont autant de dépenses que la bourse moyenne ne supporte pas. N’empêche que des familles, encouragées par la proximité des plages de Boumerdès, à trois quart d’heure de Bouira, depuis l’ouverture de l’axe autoroutier reliant Lakhdaria à Alger, s’y rendent de temps à autres. Les plus jeunes, se passant des commodités périphériques, prennent le bus la matinée et reviennent la soirée. La virée leur coutera le prix du voyage : près de 200 dinars. Et en cette période d’été, des transporteurs assurent exclusivement la ligne Bouira Boumerdès. Ces bus offrent l’avantage de ne revenir à Bouira qu’en fin d’après-midi, de sorte que les baigneurs profitent le plus longtemps possible des plages.

Pétanque, Internet et balades nocturnes

Pour ceux qui n’ont d’autres choix que de rester en ville, balades nocturnes, pétanque et évasion via internet restent leurs seuls loisirs. Des personnes plus ou moins âgées se retrouvent tous les soirs au niveau du boulodrome de Bouira, jouxtant le centre Issiakhem, pour d’interminables parties de pétanque, alors que d’autres préfèrent se retrouver dans des cafés maures autour d’un jeu de dominos. D’autres encore optent pour le surf sur l’araignée. Moyennant 50 à 60 dinars l’heure, les adeptes de la toile s’évadent pour quelques heures. Conscients d’avoir le monde à portée de clavier, ces internautes passent des heures devant les moniteurs. D’ailleurs, en été, les cybers ne ferment jamais avant minuit. Après diner, des familles, y compris celles qui ont été à Tikjda ou sur les rives des barrages, sortent de leurs maisons pour se balader, à la faveur d’une hypothétique brise fraîche, à travers les quartiers de Bouira. Le boulevard Zighout Youcef est, sur ce plan, le plus fréquenté. Cela est justifié par les kiosques à glaces implantés tout récemment sur le boulevard. En plus de proposer des glaces et autres sodas, ces kiosques proposent également des espaces familiaux sur les terrasses. Longeant l’artère principale, les familles marquent une halte chez Salim, le gérant de la pâtisserie Loundja, le temps de s’acheter un cornet. Cette ambiance continue jusqu’après minuit. Il est néanmoins évident que cette artère enregistre une moindre fréquentation, depuis l’attentat terroriste qui y a ciblé une patrouille de la BMPJ.

S.O.A

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