Par Hocine. T. | 18 Mars 2013 | 3196 lecture(s)

Bouarfa crie à l’abandon !

Une bourgade de Maâtkas où les collégiens font encore des kilomètres à pied...

Bouarfa, un village de 1800 habitants, situé à trois kilomètres du chef-lieu communal de Maâtkas en bifurquant sur la droite du CW 147, accuse un manque flagrant en matière de développement.  

Lors de notre passage sur les lieux, on a pu constater du visu l’ampleur de la situation. En effet, la route qui y mène, non revêtue depuis 15 ans, est étroite et en très mauvais état. Toutes sortes de détritus, de crevasses et de nids de poules jonchent cette rue. Cette dernière est devenue avec le temps impraticable à la circulation des automobilistes voir même des piétonniers, vu son étroitesse et l’absence de bitume en plusieurs endroits. Le croisement de véhicules dans ce tronçon et l’excès de vitesse sont synonymes d’accidents. L’inexistence de canaux d’évacuation des eaux pluviales vient de compliquer davantage la situation. En somme, les usagers de cette rue, ainsi que les habitants dudit village font face à une myriade de problèmes.  Mais à part le problème de sécurité qui a trouvé des échos favorables après que des drames ont été survenus à Bouarfa, tout fait défaut. « À présent, la sécurité est revenue mais les carences demeurent nombreuses. Notre cadre de vie ne cesse de se diminuer.  Les responsables qui se sont succédés à la tête de l’APC n’ont pas fait grande chose pour notre village. Nous attendons beaucoup de l’actuel exécutif», dira un citoyen du dit village.   Après une viré dans ce paisible village, on a pu constater l’amère réalité dans laquelle vivent ses habitants. Concernant le secteur de l’éducation, ce village ne dispose d’aucun établissement scolaire, ni collège, ni lycée, ou encore moins une école primaire.  Les élèves du primaire et ceux du collège sont scolarisés au village voisin de Ghendoussa. Ils parcourent, quotidiennement, près d’un kilomètre pour arriver aux classes. Les lycéens, eux aussi, parcourent plusieurs kilomètres jusqu’au chef-lieu communal pour rejoindre les bancs du lycée. Le ramassage scolaire n’est assuré qu’aux filles. Et la majorité des lycéens n’ont pas bénéficié de la restauration scolaire, notamment au nouveau lycée de Maâtkas. 

Le gaz naturel, on ne connaît pas encore ici

Dans ce village, le réseau de l’AEP existe, mais il est vétuste. À l’hiver, l’alimentation des foyers en eau potable ne pose pas problème. Mais durant l’été, les habitants vivent un vrai calvaire, notamment ceux se trouvant sur les hauteurs. En effet, ce réseau a été réalisé par les villageois dans les années 1960. En 1983, il a été refait car il n’arrivait pas à satisfaire la demande de la population qui ne cesse pas de s’accroître. « Le réseau a été réalisé par les habitants en 1967 avec des conduites de diamètre 20/27.  Avec le temps, le nombre d’habitants s’est multiplié et il a été refait avec des conduites plus importantes. Mais, sa réfection en PEHD n’est pas encore à l’ordre du jour », dira notre interlocuteur. En ce concerne l’assainissement, le village est couvert à hauteur de 85%, un des meilleurs taux au niveau de la commune car dans d’autres villages l’assainissement n’est pas généralisé et peine à atteindre les 40%. Pour ce qui est de l’électricité, seules les nouvelles habitations ne sont pas encore raccordées. Toutefois, il nous a été donné l’occasion de constater une défaillance de taille. Sur la ligne de haute tension qui alimente le village, les fils électriques ne sont pas parallèles. Un des fils de haute tension se décale du reste des fils de plus de 20 mètres menaçant de toucher la terre. Le bras permettant au transformateur de disjoncter est attaché à un fil de fer. Un danger qui peut provoquer d’énormes dégâts si les agents de la Sonelgaz n’interviennent pas rapidement. Un habitant que nous avons rencontré sur place déplorera : « Ce fil de haute tension est décalé de 20 mètres et le bras du disjoncteur est lié à un fil de fer. La Sonelgaz a été, maintes fois, interpellées mais en vain. Ils doivent intervenir immédiatement avant que l’irréparable ne se produise». Quant au projet de raccordement au gaz naturel, il n’est pas encore à l’ordre du jour. D’ailleurs, même au chef-lieu et aux villages raccordés récemment, la mise en service tarde à se faire à cause d’une opposition au niveau de Souk El Tenine. Le téléphone et l’Internet demeurent, quant à eux, un luxe qui, semble-t-il, très lointain à atteindre. Le village de Bouarfa accuse aussi un manque flagrant en matière d’infrastructures. En effet, il ne dispose d’aucun foyer de jeunes, ou encore moins une aire de jeux pour la masse juvénile, livrée à elle-même. Même la « djemaa » du village, lieu où les enfants, les jeunes et les plus âgés se rencontrent, se trouve à l’abandon. Pire encore, ce lieu menace ruine à tout moment. 

Les centres culturels et de loisirs, on n’en rêve même pas !

Sur place, le constat est effrayant car cette structure, construite durant les années de braises par un mécène de la région, est dans un état de dégradation très avancé. Le toit du 1er étage en tuile ressemble à une « passoire ». Le toit du rez-de-chaussée montre ses limites. Les murs sont lézardés et menacent de s’effondrer, ce qui peut être à l’origine d’une grave catastrophe. Il faut reconnaître que la faute incombe aux villageois qui ne sont pas organisés, car ils n’ont même pas de comité de village.  
À rappeler que le village avait bénéficié d’un programme de PPDRI depuis 2006. Une piste agricole de cinq kilomètres a été revêtue. Des eaux de deux sources avaient été captées. Mais qui se sont avérées, par la suite, polluées et impropres à la consommation à cause d’un réseau d’assainissement qui côtoie ces sources. Quant au dossier de dix jeunes, inscrits pour bénéficier de bovins, il tarde à voir le jour. À signaler que seule l’activité d’élevage de poulet réussit dans ce hameau, et cela grâce à un villageois propriétaire d’une couveuse qui encourage les jeunes à travailler dans cette filière.  Les habitants de Bouarfa sollicitent l’intervention des responsables concernés afin d’améliorer leur cadre de vie. Mais, ils doivent apparemment prendre leur mal en patience, puisque la concrétisation de ces projets n’est pas pour demain.

 

Hocine. T.

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