Pour faire part de ses motivations et pour informer le public de sa localité Boghni en particulier et kabyle en général, sur son produit en voie de préparation, Mohamed Hargaz, nous a accordé cet entretien.
La Dépêche de Kabylie : En quelques mots, qui est Mohamed Hargaz ?
Mohamed Hargaz: Je suis un simple citoyen, âgé de 48 ans, originaire de Beni-Mendes et fonctionnaire à l’APC de Boghni. J’aime bien l’art de chanter et la poésie. Actuellement je suis en train de préparer un album.
Comment et quand est née l’idée de cet album ?
Cela fait trois ans que j’ai pensé à l’enregistrement, j’ai toujours voulu chanter mais les moyens n’ont pas été en ma faveur. Ce n’est que maintenant que je travaille sur cet album. Je dirai qu’il faut y aller doucement, surtout pour un début. Je sais que j’ai tardé à réaliser mon rêve, mais comme dit le proverbe : «Mieux vaut tard que jamais». Et qui sait, peut-être que si j’avais fait ça avant, je l’aurais mal fait. Il fallait d’abord s’assurer d’avoir de bonnes ailes, avant de prendre le risque de l’envol.
Pour le début, n’avez-vous pas des essais avec un autre chanteur de la région ou un groupe ?
Non. Je n’ai chanté que deux fois dans les fêtes, cela ne m’intéresse d’ailleurs pas. Et je faisais des répétitions dans les maisons de jeunes de Aïn Zaouia et Boghni, mais ceci n’était pas du tout suffisant pour moi, faute de moyens adéquats et de musiciens aptes à porter de l’aide aux gens qui espèrent triompher dans le champ artistique.
Parlons de l’album en question, où en est le projet ?
Actuellement, j’entame les enregistrements à Alger, et je ferais de mon mieux pour qu’il soit sur le marché dans les mois prochains, j’espère qu’il n’y aura pas des contraintes qui me retarderont.
Que pouvez-vous nous dire sur ce produit ?
C’est un album composé de six chansons, dont notamment une sur l’Algérie, dans laquelle j’ai traité de la malédiction (daawessou), tout ce que notre pays endure. Un autre titre principal Ahviviw (mon ami), qui est une chanson que je dédie à la mémoire de mon meilleur ami et collègue de travail, décédé depuis prés d’un an. Etant très touché par sa disparition, la moindre chose que je puisse faire est de lui rendre hommage par cette chanson. Une façon de lui confirmer que son nom demeurera toujours dans mes pensées. J’ai également chanté sur la femme kabyle dans (Thin Azizen). Les paroles et la musique sont propres à moi, j’ai travaillé cet album seul, en me basant que sur mes connaissances personnelles dans le domaine de la chanson.
Pour ce qui est du titre de votre album ?
En fait, j’ai opté pour le titre de la chanson hommage Ahviviw, je l’intitulerai ainsi, je ne pense pas pouvoir trouver un titre mieux que celui-ci.
Avez vous pensé à un nom artistique ?
Si c’était mon choix, j’aurais pensé à mon vrai nom, mais pour faire plaisir à mes amis, mon nom sur cet album sera Agaw . Il sont nombreux à m’appeler ainsi, ils m’ont choisi ce nom, je n’ai qu’à respecter leur volonté. D’ailleurs, ils ont bien écouté mes chansons et n’ont pas hésité à m’encourager avec leurs points de vues objectifs et motivants.
Quel est le style pour lequel vous avez opté?
En fait, j’aime beaucoup le châabi, bien que je puisse me permettre à tout écouter pour l’inspiration. Mon album est un mélange entre el châabi et le folklore. J’ai repris une chanson de l’ancien folklore avec quelques empreintes personnelles. Personnellement, je juge très important pour quelqu’un qui veut évoluer dans le domaine artistique d’écouter tout les genres.
Ne craignez-vous pas que l’album ne réussisse pas, suite à la montée de la chanson rythmée?
Bien que je ne sois pas pour ce genre de chansons de fêtes qu’est le non-stop, je respecte les goûts et les couleurs des autres. Chacun à la liberté de suivre le style qui lui semble bon et je vois que comme les styles sont variés, c’est pareil pour le public. Ce n’est pas tout le monde qui écoute le même genre. Il faut donc un peu de tout pour faire un monde.
Que pensez-vous de l’art et des artistes à Boghni ?
Certes, il y a des noms qui ont honoré la région, prenant Farid Ali, Akli Yahyatène, Hocine Amendes, entre autres. Cependant, il y a un manque. Le peu de gens qui veulent faire une carrière artistique ne trouvent pas l’aide qu’il faut, ni les moyens adéquats, à la maison de jeunes, pas de moyens matériels, ni de musiciens non plus. Pour les autres qui font de la chanson commerciale, c’est autre chose.
Que diriez-vous pour conclure ?
J’espère bien que mon album sera écouté et apprécié par le public. Bien qu’il est impossible de plaire à tout le monde et de satisfaire tout un chacun. Ce n’est pas le remplissage des poches qui m’intéresse ou la richesse, mais c’est de réaliser un rêve qui me tenait à coeur depuis mon jeune âge, d’entrer dans le champs artistique et faire carrière. Je tiens également à saluer votre journal pour son service de proximité. Je vous remercie.
R. S.
