Peu à peu, l’entreprise des transports urbains de Bouira (ETUB) commence à bousculer le monopôle des transporteurs privés.
En effet, cette entreprise qui n’a pas encore bouclé une année d’existence, a su s’adapter à la rude concurrence qui fait rage dans ce secteur. Pourtant, elle partait avec un handicap de taille, celui du prix, 15 DA la place contre 10 chez le privé. Cependant, au fil du temps, ces bus bleus ont pu s’imposer et se faire une place dans l’esprit des usagers. Afin de comprendre les raisons qui pourraient expliquer cet intérêt naissant pour les bus de l’ETUB, un petit retour en arrière s’impose, plus précisément avant l’ouverture de la nouvelle gare routière de Bouira. A cette époque, qui n’est pas si lointaine, le petit monde des transports urbains de Bouira était dominé outrageusement par les privés qui couvraient chaque kilomètre ne laissant aucune place aux bus de l’ETUB ! Ces derniers, étaient vides à longueur de journées, pire encore, ils étaient boudés par les citoyens du fait du prix jugé déraisonnable. Néanmoins, après l’ouverture de la nouvelle station de transports, les choses ont pris une autre tournure, à l’avantage de ces bus du service public. En effet, il est important de préciser que les bus de l’ETUB ont l’exclusivité de la ligne qui relie l’ancienne gare routière de Bouira à la nouvelle. Ce fait a grandement contribué à leur succès naissant, en les démystifier. « Vous savez, j’étais franchement réticent à embarquer dans ces bus, j’avais comme l’impression de me faire avoir à chaque trajet. Néanmoins, ce qui m’a fait changer d’avis, c’est le fait de devoir prendre la navette qui relie l’ancienne station à la nouvelle. Certes, 15 DA, c’est relativement cher, cependant, le confort et la tranquillité qu’on y trouve valent bien 5 DA de plus », affirmera une citoyenne qui donnait l’impression d’être conquise par ces bus de l’ETUB. Avant d’ajouter : « Chez le privé c’est moins cher, mais c’est moins confortable et mons securisé avec les cohues indescriptibles à l’intérieur. Et puis, les receveurs du privé comme les conducteurs d’ailleurs, n’ont aucun respect pour les usagers, ils nous considèrent comme du bétail. Chose qu’on ne retrouve pas chez les bus de l’Etat ». Ce témoignage, reflète bien le capital sympathie qu’ont les usagers envers ces bus. Cette confiance, relative, de la population pour l’ETUB, semble faire partie d’une stratégie qui se révèle payante par cette entreprise qui commence à occuper le terrain au maximum. En effet, contrairement aux bus du privé qui s’acharnent à vouloir démarrer pleins, les bus de l’ETUB effectuent des rotations quasi-permanentes, avec de brefs arrêts. D’ailleurs, au niveau des différents arrêts de bus du chef-lieu de wilaya, la différence saute aux yeux. Pour un bus du privé qui arrive, trois de l’ETUB l’auront déjà précédé. Pour preuve, le bus numéro 5 (privé) , qui fait la rotation entre la cité des 140 logts et la place de la liberté est en concurrence directe avec le n°3 de l’ETUB, avec un léger avantage pour ce dernier. Enfin, pour conclure, on peut dire que ces bus de l’ETUB ont largement bénéficié de l’ouverture de la nouvelle gare routière de Bouira, ce qui leur a permis de se faire connaître du grand public, ceci sans omettre une stratégie commerciale qui a donné des résultats plus qu’espérés.
Ramdane B.

