Transport : le calvaire au quotidien

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On a cru que la situation allait s’améliorer, que ce n’était qu’une question de temps et la population finira par s’adapter au nouveau plan de circulation de la ville de Tizi Ouzou, mais voilà que les choses ne font que s’empirer, au grand dam des usagers qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Le transport demeure, à ce jour, un problème en suspens au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou et continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive. Les réformes qui ont été apportées au secteur à travers la mise en place du nouveau schéma directeur des transports n’ont, pour ainsi dire, fait que compliquer le transport, jusqu’à rendre la ville des Genêts inaccessible et le déplacement vers cette dernière difficile. Alors que les citoyens s’attendaient à connaître des améliorations, le temps que le nouveau dispositif de transport prenne place, prenant ainsi leur mal en patience, il s’avère en fin de compte qu’ils sont abandonnés à leur propre sort, et qu’ils n’ont d’autre choix que de s’habituer à ce calvaire. Ainsi, partout c’est la pagaille. Que ce soit au niveau des nouvelles gares multimodales et intermédiaires, ou encore des lieux improvisés à la hâte pour faire office de stations. Les gens s’y placent pour y guetter les rares trolleys qui pointeraient à l’horizon et mettraient fin à leur longue attente. Une chose qui n’est pas aussi évidente, surtout depuis que ces moyens de transport “antiques” se font désirer à cause de leur nombre en décadence. Et pour cause, ces derniers, qui avaient pour mission de transporter les étudiants, ont vite fait de rejoindre leur vocation primaire une fois la rentrée universitaire débarquée. Une dizaine assurent les dessertes vers les nouvelles gares, avec aucune autre perspective de renforcement étant donné que la situation ne semble guère déranger les responsables. Ainsi, les citoyens n’ont d’autre moyen que de faire des pieds et des mains pour parvenir à mettre les pieds dans un de ces bus. Une situation encore plus dure aux heures de pointe. Le nombre d’usagers à rejoindre la ville ayant doublé suite à la rentrée scolaire et sociale, n’est pas pour arranger les choses. Une armada de bus ne parviendrait pas à charrier tout ce beau monde à bon port. Alors, que dire de ces tas de tôle à quatre roues. Ces derniers, remplis, ne donnent désormais plus lieu de respirer. Avec à l’appui aucun autre moyen de rentrer, l’usager doit subir et se taire. Les chauffeurs, non plus, ne se privent pas à y mettre du leur pour condamner encore plus les citoyens à voyager dans l’étroit. A se faire marcher sur les pieds ou marcher sur les pieds de son voisin, et beaucoup d’autres désagréments qui l’attendent une fois dans les trolleys bien garnis. Tout ceci, en plus du temps à perdre sur la route avec cette vingtaine d’arrêts et de l’argent déboursé en plus, qui mettent, au quotidien, les nerfs des citoyens à rude épreuve. Aussi, le voyageur est soumis à des encombrements effrénés tout au long de la route qu’il a à parcourir dans des situations pourtant peu confortables qu’il doit subir dans les bus. Autre point qui pénalise les usagers, il s’agit de l’absence de dessertes en fin de journée. Par ailleurs, les navettes commencent à se faire rares, jusqu’à devenir introuvables au-delà de 18h. Ceci, aux dépens du citoyen. “Pris au piège à 18h30 au niveau de la ville de Tizi Ouzou, j’ai dû faire appel aux services d’un de mes amis pour pouvoir rentrer chez moi à Mekla. Etant donné que je travaille à Tizi Ouzou, j’appréhende l’hiver», nous dira un citoyen. Pis encore, dans ce feuilleton transport au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou, c’est que du côté des autorités concernées, la mise en place de ce nouveau schéma est bel et bien consommée et déjà archivée. Le directeur des transports de la wilaya l’a, lui-même, confirmé : “Tout va bien. Les trolleys sont suffisants et les navettes régulières, donc nous n’avons pas besoin de les renforcer.” Un optimisme des responsables que tout le monde souhaiterait sûrement avoir, si ce n’est la réalité des lieux que tout le monde constate, preuve que les responsables ne se sont plus donnés la peine de descendre sur le terrain et de vérifier l’ampleur de la réussite de leur projet pour le transport.

C’est à croire que c’est aux gens de s’adapter à la situation et non aux besoins de ces derniers d’être pris en charge. Les citoyens, qui se retrouvent, ainsi, obligés de faire face, chaque jour, aux aléas de ces nouveaux, mais pas neufs, moyens de transport, ne l’entendent pas de cette oreille, ils croient plutôt que ce système de bricolage n’a que trop durer et devrait prendre fin au plus vite. Eux qui ne sont pas contre la réalisation de nouvelles gares, de stations et autres infrastructures de transport, se demandent comment les responsables avancent un tel projet sans le faire suivre de conditions et d’exigences. Notamment, les moyens de transport, la sécurité au niveau des gares et stations, mais aussi le confort et le gain du temps et de l’argent.

T. Ch.

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