En dépit d’un soleil de plomb, les contestataires n’ont pas quitté les lieux. Les usagers de cet axe routier ont tous rebroussé chemin sous l’œil bienveillant des jeunes qui gardaient les barricades dressées à l’entrée et à la sortie du chef-lieu. A notre arrivée sur les lieux, nous avons été confrontés au mutisme des représentants, lesquels nous ont signifié un niet à nos questions. Malgré cela, nous avons réussi à arracher tout de même quelques déclarations à certains citoyens. « Ecrivez sur votre journal que la population est délaissée pas ses responsables.
Nous vivons dans des conditions des plus désagréables : il n’y a pas d’eau, ni de routes, ni de médecins », s’est contenté de nous dire l’un d’eux. Avant qu’une personne d’un certain âge n’ajoute : « Lisez ce qui est écrit sur les banderoles. » Notre regard s’est alors tourné vers le portail et la clôture de la mairie. Au moins trois revendications sont clairement posées. « Dénonçons la fuite en avant des responsables, » « Pour une prise en charge effective de nos revendications. » Plus bas, une déclaration-dénonciation est placardée sur un mur où les représentants des villages ont tenu à dénoncer le mutisme et le mépris des autorités à l’égard de leurs démarches. Un troisième intervenant nous a appris que cette coordination avait déjà fermé l’APC le dimanche 6 juillet. La cour de la mairie grouillait de monde quand la délégation dépêchée par le wali et le chef de daïra est arrivée. A ce moment, les contestataires ont désigné les délégués qui devraient mener les négociations autour notamment du préalable posé comme condition, à savoir le remplacement des camions de ramassage scolaire par des bus confortablement aménagés. Dans la foulée avant que les vingt-deux délégués et les autorités ne se dirigent vers la Maison de jeunes pour débattre des problèmes, nous avons pu approcher le maire. « Les portes du dialogue sont ouvertes. Nous sommes là pour gérer toutes les situations dans la mesure du possible, » nous a-t-il répondu furtivement. Avant de quitter les lieux, alors que les deux parties étaient autour de la table des discussions. Jusqu’à seize heures, rien ne nous a été communiqué. A Aït Yahia Moussa, la contestation risque de toucher d’autres villages surtout en cette période des grandes chaleurs car les citoyens du versant ouest de l’ex-Oued Ksari souffrent énormément notamment en ce qui concerne l’alimentation en eau potable. D’autres problèmes meublent le quotidien de cette population ô combien démunie : chômage, pauvreté, manque d’infrastructures sanitaires et autres.
Nous reviendrons dans une autre édition sur les décisions prises au terme de cette journée de contestation. Avant de partir, un citoyen nous dira clairement : « Nous passerons à d’autres actions plus radicales si rien n’est fait. «
Amar Ouramdane
