La mendicité s’installe en ville

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C’est à croire que cette filière de mendicité a explosé et attire beaucoup de monde. Ils sont en effet des dizaines à occuper tous les lieux fréquentés par le public : marchés, arrêts de bus, esplanades des mosquées, devant les boulangeries et à l’entrée des structures de la santé au moment des visites.

Ils sont des deux sexes de tout âge, du nourrisson de six mois aux vieillards qui tiennent difficilement sur leurs jambes. Ils usent de tous les stratagèmes pour apitoyer les passants en dévoilant des infirmités, exhibant des ordonnances, quémandant avec des voix plaintives à vous fondre l’âme, comme sorties directement des studios d’arrangements vocales ou forgées au pied du…mur des lamentations. Leur nombre a multiplié par dix depuis le ramadhan, du jamais vu auparavant dans la région de M’Chedallah et l’ensemble de ses agglomérations. Parmi toute cette armada de mendiants, notamment ceux qui écument le chef-lieu de daïra, à longueur de journées, il y ceux qui usent d’un véritable harcèlement des citoyens, au point de produire des réactions d’agacement de la part de jeunes. Il est fréquent de croiser des jeunes mendiantes qui tendent une main chargée de bagues ou bracelets d’or, c’est à croire que la mendicité a évolué pour passer du statut social précaire à celui de profession fort lucrative.

Dans les villages et zones rurales que ce soit à Saharidj, Takerboust, Ighrem ou encore El-Adjiba et Semmache pour ne citer que ceux là ce sont des jeunes femmes venues hors région qui font du porte-à-porte par groupe de deux à trois femmes bien dans leur peau et cela en parallèle à d’autres groupes de jeunes hommes, sorte de troubadours équipés d’instruments de musique bendir et Ghaita et qui usent du même, les citoyens ont droit à du spectacle à domicile fort agaçant.

Un état de fait qui donne à penser que ce sont de véritables réseaux qui se sont constitués, notamment du côté de ces jeunes femmes qui donnent la nette impression qu’elles sont parfaitement organisées et opèrent sous des instructions venues d’un même centre de décision.

Certes que parmi tous ces mendiants, il y a de vrais nécessiteux qui n’ont que ce moyen pour survivre, abandonnés qu’ils sont à leur triste sort, mais pour le reste, il est facile de déceler des signes et indications non trompeurs qui démontrent qu’ils ont versé dans la mendicité par vice ou facilité telles que ces jeunes femmes parées d’or ou encore des jeunes hommes qui dans un moment de relâchement de vigilance exhibent des portables digitales. C’est sur ces dernières catégories de mendiants que les services de l’Etat doivent se pencher et tirer les choses au clair en ce qui les concerne et le cas échéant prendre des mesures pour assainir la situation, en débarrassant nos villes et villages de ces oiseaux de mauvais augure, qui disputent âprement le morceau de pain aux vrais nécessiteux, qui par pudeur sont nombreux à battre en retraite et se retirer abandonnant la place à ces rapaces qui sont parvenus a défigurer même la mendicité en faisant reculer la charité.

Oulaid Soualah

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