Tamazight Symposium à l’initiative du HCA à Zéralda – La grammaire référentielle en débat

Le secrétaire général du Haut Commissariat à l’Amazighité a annoncé que trois autres rendez-vous du genre sont au programme d’action de l’institution pour l’année 2012 pour permettre aux participants de peaufiner ce travail entamé.

Le centre familial de la mutuelle générale des matériaux de construction de la ville de Zéralda a abrité un symposium initié par le Haut Commissariat à l’Amazighité et qui s’est étalé sur une durée de trois jours soit du 17 au 19 du mois en cours. Ainsi, c’est la grammaire référentielle qui a été cette fois-ci, au centre des débats. Les enseignants universitaires, les inspecteurs de Tamazight et autres praticiens de cette langue se sont penchés durant ces trois journées sur cette question en se référant aux différents ouvrages de grammaire conçus. Après l’ouverture officielle de ce symposium et la lecture de la problématique par Mme Chérifa Bilek, sous directrice à l’enseignement et à la formation au HCA, c’est M. Amaoui, enseignant à l’université de Bgayet qui a intervenu en premier pour traiter la question de la grammatographie kabyle. L’orateur a recensé presque 55 ouvrages de grammaire dont le premier remonte à l’année 1855, pour distinguer cinq types de documents. Selon lui, ces œuvres constituent des dictionnaires ou lexiques qui sont suivis ou précédés d’un exposé grammatical. D’autres sont des grammaires proprement dites qui présentent plusieurs formes, ou encore on peut trouver des manuels d’apprentissage, des manuscrits et enfin des documents divers où des exposés grammaticaux ayant une valeur historique certaine ont été publiés. Lui succédant à la tribune, c’est M. Imarazène de l’université de Tizi-Ouzou qui aborde la question de Tamazight comme langue ou langues. Là c’est la variation phonétique qui a été soulevée par le conférencier qui a mis l’accent sur les différences intra dialectal et inter dialectal. D’où, selon ses propos, la nécessité d’un aménagement variétal avant celui de la langue proprement dite. Dans le même ordre d’idées, M. Yahiaoui de l’université de Bgayet a passé en revue les différences variétales qui peuvent avoir des incidences sur la forme grammaticale. Sa recherche s’est focalisée justement sur la syntaxe en Tamazight. Et c’est justement A. Rabehi qui enchaîne pour apporter sa propre expérience dans ce domaine.

Recencer les éléments clés

Connu pour être l’un des premiers formateurs des enseignants de tamazight en 1995, l’orateur voit la nécessité de mettre en place une grammaire référentielle avec ses grands axes de contenus qui liera les différentes variantes. Dans l’après-midi de cette première journée consacrée aux communications, O. Aissou a mis l’accent durant son intervention sur la variation dans le dialecte kabyle. La conférencière a pris comme exemple le parler d’At M’hend dans la région de Bgayet, pour le comparer à d’autres parlers d’une même variante. D’autres questions ont été abordées durant cette rencontre tel que la ponctuation où B. Hamek de l’université de Bgayet a tenté de faire des liens entre les différentes formes que peut prendre un énoncé dans une variante donnée. Quant à L. Guerchouh, de l’université de Tizi-Ouzou, son intervention a porté sur les critères de catégorisation en grammaire berbère. C’est la problématique d’identification des différentes classes grammaticales en langue berbère qui a été soulevée. Les deux autres journées du symposium ont été consacrées aux travaux d’atelier. Les invités du HCA se sont entendus à débattre les trois segments ayant trait à l’objet de la rencontre. Il s’agit en fait de la grammaire et la variation, la grammaire et la notation et du contenu de la grammaire et sa structuration. Un seul atelier est donc constitué pour permettre aux présents de débattre les différentes questions de ces axes. Ces deux journées ont été donc une aubaine pour recenser les éléments clés qui pourront servir de référence à une grammaire berbère. A la clôture du symposium, une lecture des recommandations a été faite en présence du secrétaire général du HCA qui, en prenant la parole dira : «D’abord, je vous remercie d’avoir répondu à l’appel de notre institution, puis nous inscrirons dans notre programme d’action pour l’année 2012, trois autres rencontres qui vous permettront de peaufiner ce travail».

S. M.