Une semaine après avoir affiché leur déclaration dans laquelle ils ont appelé les transporteurs par bus à revenir au tarif initial, les étudiants sont passés à l’action en bloquant tous les bus au niveau de l’intersection des RN 25 et RN 30 dans le sillage de l’action organisée dernièrement par des jeunes à Ait Yahia Moussa qui demandaient aux transporteurs la baisse des prix.
“Nous dénonçons l’immobilisme de l’administration contre cette infraction. Et nous appelons les transporteurs de voyageurs à pratiquer l’ancienne tarification c’est-à-dire 50 dinars DEM-Tizi-Ouzou au lieu de 70 dinars. Les comités de villages et les étudiants sont mobilisés et déterminés à contrecarrer cette frénésie injustifiée des transporteurs », avaient-ils rapporté dans leur dernière déclaration.
Ainsi, aucun bus n’a quitté la ville à l’exception de ceux partis avant sept heures du matin. Devant cette situation, des centaines de voyageurs ont été bloqués à Draâ El-Mizan. Même si certains ont pu gagner la ville des Genêts en recourant à d’autres transporteurs ( fourgons vers Ait Yahia Moussa ou du côté de Boghni ), un grande débandade est observée au centre-ville. Pour en savoir plus sur cette situation, nous nous sommes rendus sur les lieux. A notre arrivée, la tension montait déjà d’un cran. D’un côté les étudiants en colère, de l’autre quelques transporteurs de l’autre, en furie qui sont allés même à interdire aux autres automobilistes de passer en garant leur bus au milieu de la chaussée . Il a fallu beaucoup de temps pour que le calme revienne dans les deux rangs. « Nous n’allons pas payer l’arrangement qui serait passé entre les transporteurs et le directeur des transports pour rejoindre la gare de Bouhinoune. Est-ce qu’il y a une augmentation de tarif à l’échelle nationale? », s’est interrogé un étudiant. Avant qu’un autre n’ajoute: » Je crois que tous les transporteurs d’Algérie payent le gasoil au même prix, de même pour les lubrifiants et toutes les charges dont ils parlent. Comment avec la même distance d’Azazga à Tizi-Ouzou , ceux de cette région n’ont augmenté les prix que de cinq dinars ? Et ici, d’un seul coup, vingt dinars en aller et vingt autres au retour ». Les étudiants que nous avons approché sont décidés à aller plus loin. En plus de cette action qui n’est qu’un avertissement , disent-ils, ils sont en train de préparer un écrit qui sera signé par toutes les associations et comités de villages et d’une pétition de citoyens qui sera déposée à la wilaya, à la direction des transports et même au ministère des Transports. « La prochaine fois, nous allons bloquer toute la ville avant d’aller observer un sit-in devant la wilaya. Que les pouvoirs publics interviennent! », enchaîne un autre intervenant. Peu de temps après, des membres de la société civile sont arrivés sur les lieux et ont essayé d’organiser une rencontre entre les deux parties en conflit. Cette initiative n’a pas abouti car du côté des transporteurs le compromis n’était pas possible. « Nous avons beaucoup de charges. Avec quatre mille dinars par jour, et ce durant vingt six jours de travail, je ne pourrais pas avoir du pain pour mes enfants » explique l’un des transporteurs à un étudiant. Et de s’étaler sur le problème : » Combien dois-je payer le chauffeur? Et le receveur? Et le gasoil? Et tous les autres frais?. Et ce avec cent quarante mille dinars par mois ». En tout cas, vers midi, la situation était toujours la même. Personne ne veut reculer d’un iota. Le collectif d’étudiants est sur le point de lancer des démarches auprès des responsables de l’université pour obtenir des bus qui assureront le transport notamment les week- end. En définitive, aussi bien les autres usagers de ce moyen de transport que les étudiants sont obligés jusqu’à preuve du contraire de payer quarante dinars par place en aller et retour sans compter les autres tickets à régler de la gare de Bouhinoune jusqu’au centre- ville. Une personne qui travaille à Tizi-Ouzou verse plus de quatre vingt dinars de plus par jour qu’il faudra multiplier au moins par vingt six jours. « N’est-ce pas un fardeau pour cet éboueur qui va de Draâ El-Mizan jusqu’à Tizi-Ouzou? ».
Amar Ouramdane

