C’est un véritable cri d’alarme qu’a lancé avant-hier l’ex-international kabyle Djamel Menad à propos d’une affaire qui remonte à plus de vingt cinq ans et dont lui et certains de ses ex-coéquipiers chez les Verts en sont victimes.
Il s’agit de l’handicap qui a touché les enfants de ces ex-internationaux et dont les raisons seraient liées à des substances prodiguées aux joueurs par les staffs médicaux de l’EN lorsqu’ils étaient encore en activité durant les années quatre-vingts. «Ce n’est pas normal que pas moins de six joueurs de l’équipe nationale des années quatre-vingts ont tous eu, au moins, un enfant né handicapé», lance Djamel Menad dans un reportage diffusé lundi soir sur la Chaîne de télévision tunisienne Nessma. Pour l’ex-baroudeur des Verts et de la JSK, ce phénomène n’est pas fortuit, il serait certainement lié selon lui, à la période des années quatre-vingts lorsque lui et certains de ses coéquipiers avaient ingurgité des médicaments prescrits par le staff médical de la sélection nationale, dont un médecin russe qui travaillait avec eux. Pour Djamel Menad, qui ne comprend toujours pas le silence observé par les responsables de notre football sur cette histoire, ce n’est que plusieurs années après avoir raccroché les crampons que lui et certains de ses coéquipiers ont enfin découvert le pot aux roses. «C’est par pur hasard que nous avions découvert cela. Un jour, je discutais avec mon ami et ex-coéquipier Mohamed Chaïb lorsqu’il m’informa qu’il a trois enfants nés handicapés. Je lui ai répondu que j’ai moi aussi une fille handicapée. Au cours de notre discussion, j’appris que nous ne sommes pas les seuls à en souffrir, mais qu’il y a également notre coéquipier Kaci Saïd Mohamed qui en est victime», lance Djamel Menad qui a ensuite précisé que des enfants d’autres joueurs en sont également victimes, à l’instar de ceux de Salah Larbes, Djamel Tlemçani, et Tedj Bensaoula.
«Le médecin de l’EN nous donnait des comprimés bizarres»
«Nous sommes au moins six joueurs de l’équipe nationale à avoir au moins un enfant né handicapé. Ce n’est pas une simple coïncidence, et il est temps pour nos responsables d’ouvrir une véritable enquête pour connaître la cause de ce phénomène». Djamel Menad qui a eu le courage, tout en restant prudent dans ses propos, de parler pour la première fois de cette affaire, a toutefois avoué que les médicaments que lui et ses ex-coéquipiers prenaient lors des stages de l’EN, seraient peut-être derrière leur drame. Menad est allé jusqu’à citer l’exemple de ce médecin russe qui faisait partie en 1985 du staff médical des Verts et qui donnait aux joueurs des pilules sous forme de vitamines, sans que nous ne sachions les effets de ces substances. «Je me souviens très bien de ce médecin russe qui nous donnait des pilules de couleur jaune que nous prenions à l’époque sans savoir quoi que ce soit. Personnellement, je trouvais leur forme un peu bizarre, mais comme le médecin insistait que c’était de simples vitamines, on les prenait alors sans aucune crainte», confie l’ex-international, qui a tenu à évoquer avec beaucoup de peine sa propre histoire. «J’ai une fille âgée aujourd’hui de 18 ans. C’est mon deuxième enfant et elle est née handicapée. Je souffre au quotidien avec elle surtout qu’elle ne peut pas vivre sans ses médicaments», confie Menad tout en insistant sur l’urgence de prendre en considération cette affaire qui le fait souffrir lui et ses ex-coéquipiers depuis plus de vingt ans.
A. C.

