Bouira : L’association Afud iw Mudin au chevet des malades

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Les dernières statistiques établies par l’association des diabétiques de la wilaya de Bouira font état de pas moins de 10.000 malades atteints de diabète à l’échelle de la wilaya. Si les plus chanceux parmi ces malades chroniques, notamment les assurés, ouvrent droit à la gratuité des médicaments, un nombre non négligeable, par contre, de ceux classés dans la catégorie des non assurés sociaux, ne subsistent que grâce aux aides des associations en matière de médicaments. « Afud iw Mudin » compte parmi les associations de diabétiques les plus actives de la wilaya de Bouira. Implantée dans la commune de Chorfa, l’association créée il y a de cela quelques années, compte dans ses rangs pas moins de 450 adhérents à travers la daïra de M’Chedallah. Des diabétiques, pour la plupart sollicitant l’aide de l’association, notamment sur le plan de la prise en charge en matière de médicaments. Des médicaments souvent très coûteux et que bon nombre d’entre eux n’arrivent pas à se les procurer, car ne disposant pas d’assurance sociale. Du coup, c’est à l’association que l’on fait appel pour une éventuelle aide. A ce titre, M Khellal, président de l’association des diabétiques de Chorfa, nous expliquera que son organisme est constamment sollicité par les diabétiques et tente, tant bien que mal, et avec le peu de moyens dont il dispose, de prendre en charge les cas qui se présentent. Notre interlocuteur nous fera savoir que son association ne vit que des subventions de l’Etat, dont une aide annuelle très infime, avoisinant les 13 millions de centimes. Une somme qui suffit à peine à faire fonctionner l’association. Pour M Khellal, une petite opération arithmétique fait ressortir une quote-part, par malade, qui équivaut à 900 DA par an. Le montant de l’ordonnance la moins chère, s’élève à près de 6000 DA. Cette situation renseigne parfaitement sur l’écart important qui existe entre les subventions de l’état, pour ce genre d’association, et les besoins accrus des diabétiques qui y adhèrent. Par ailleurs, le président de l’association « Afud iw Mudin » évoquera un autre écueil et pas des moindres. Il s’agit des diabétiques nécessitant une amputation. La prise en charge de cette catégorie de diabétiques, avec tous les frais que de tels cas supposent, est très contraignante pour l’association, particulièrement sur le plan matériel. Pour subvenir aux besoins des malades, il n’est pas rare de voir des membres des associations solliciter les officines pour collecter d’éventuelles aides en médicaments. Laboratoires pharmaceutiques et autorités sont également sollicités. Cependant, les appels répétés des associations de diabétiques à l’endroit des pouvoirs publics n’ont, malheureusement, pas eu un grand écho, ce qui n’est pas pour arranger la situation de malaise qu’endure cette frange de malades chroniques. Jusque là l’on a évoqué uniquement les personnes dont la maladie a été dépistée et suivie médicalement, mais qu’en est-il de ceux ignorants leur mal? Il doit en exister des centaines, voire des milliers à l’échelle de la wilaya. Le manque de sensibilisation sur ce genre de maladies et d’une culture médicale chez le commun de citoyens, font que beaucoup ignorent qu’ils sont atteints de cette maladie chronique, ou s’en aperçoivent tardivement et tout à fait par hasard. A ce propos, le pourcentage communiqué aux médias par le président de la Fédération algérienne des associations de diabétiques (FAAD) concernant la population ignorant leur maladie, est effarant. Celui-ci avoisine 10% de la population globale. Ce qui nécessite un gros travail de sensibilisation auprès des populations.

D. M.

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