La concurrence semble devenir de plus en plus féroce entre les taxieurs et les transporteurs par fourgons desservant la ligne Boghni-Tizi-Ouzou.
Les premiers, après leur dernier sit-in, tenu au niveau de leur ancienne station, pour exiger leur retour à cette dernière, reviennent à la charge et affirment qu’ils « ne lâcheront pas tant que leur revendication n’est pas satisfaite ». Après une éclipse qui n’a pas trop duré par rapport à leur dernier mouvement de protestation le 15 novembre écoulé ils ont décidé cette fois-ci, de retourner à leur ancienne station, qu’ils revendiquent, malgré le refus catégorique de la direction des transports de le leur ré-attribuer officiellement. Ainsi, et depuis vendredi dernier, une grande partie de ces taxieurs ont rejoint leur station, sise face à l’ex gare routière. « Nous sommes temporairement ici, en attendant qu’une solution soit apportée par la direction des transports, sinon, tant que ces fourgons sont toujours là nous refusons de rejoindre la nouvelle gare de Bouhinoun, car c’est le sort de nombreuses familles qui est en jeu, nous voulons être en cet endroit, au même titre que les fourgons», clament les taxieurs. Ces derniers sous-entendent que le fait que ces fourgons soient autorisés à charger dans cette même station est une injustice et représente, ce qu’ils qualifient de « concurrence déloyale», surtout qu’ils estiment qu’à cause de l’« isolement » qu’ils vivent depuis leur délocalisation vers la nouvelle gare, ils travaillent à perte. Ceci, d’après eux, du fait qu’une grande partie de voyageurs préfère les fourgons pour éviter la perte de temps engendrée par le fait d’aller jusqu’à Bouhinoun pour prendre un taxi. Il est à souligner qu’aucune réaction ne s’est faite entendre, pour le moment, par la direction des transports. D’après quelque taxieurs, « ce silence ne va certainement pas durer », affirmant aussi que « pour le moment, rien nous a été signalé nous sommes là pour travailler et nous continuons, en parallèle, nos démarches pacifiques vers les autorités et ce, jusqu’à ce qu’une solution qui nous arrange nous soit signifiée», et à un autre d’ajouter, en réponse à la question sur ce qu’ils envisagent de faire au cas où la réponse de la direction des transports leur serait défavorable, « nous occuperons cette station en attendant la suite qui sera donnée à nos doléances. Après ça, nous saurons quoi faire !». De leur côté les transporteurs par fourgons refusent de céder à la décision de leur délocalisation, à proximité de la nouvelle gare, comme il a été décidé par la direction des transports suite au dernier mouvement des taxieurs. Ces transporteurs ont tenu au moins deux réunions, depuis qu’on leur a signifié la décision de délocalisation. « En dehors de la nouvelle gare ou à l’intérieur, c’est pareil, où est l’intérêt du citoyen? Nous refusons de céder à cette décision de délocalisation, si cela devait se faire, nous exigeons que cette décision soit applicable à tous les fourgons des autres régions. On veut, par cette décision, faire taire ces taxieurs, installés maintenant juste avant notre arrêt pour nous faire perdre la clientèle ». Pour des citoyens questionnés sur le sujet, les transporteurs de la daïra de Boghni, qu’ils soient taxieurs ou propriétaires de fourgons, « ne cherchent que leur intérêt personnel et personne ne se soucie de notre sort ». Ils prennent pour exemple le fait qu’enfin de journée ils risquent toujours de rentrer très tard chez eux, « la plupart d’entre eux ne reviennent pas crainte des embouteillages sur la RN 128, et nous restons ici à les attendre ». D’autres affirment : « On nous prend pour du bétail, chaque jour il nous sortent une nouvelle décision, une nouvelle station, une nouvelle tarification… Ils se querellent entres eux sur notre dos, nous les voyageurs, et cela devant nos propres yeux. C’est malheureux de voire que des gens de notre propre localité nous prennent pour les dindons de la farce ». En attendant que les choses s’améliorent pour les uns et les autres, les voyageurs n’ont, pour le moment, qu’à espérer qu’ils ne soient pas, à nouveau, pris en otage par des gamineries dont ils payent seuls les frais.
R. Selmani
